lundi, 12 novembre 2007
Pesticides ou l'amour de la nature à la française
Nous avons beau dos d'accuser les agriculteurs de polluer les nappes phréatiques. Certes, l'usage surdosé de produits phytosanitaires est fréquent. Mais ce serait oublier un peu trop vite que les jardiniers amateurs sont à l'origine de 7% du tonnage total annuel, dispersant quelques 8000 tonnes de produits chimiques dans leurs petits coins de "nature". D'ailleurs, l'usage de pesticides semblent être une tradition française particulièrement bien ancrée: la France, avec 76.100 tonnes de matières actives commercialisées en 2004, est le 3ème consommateur au monde de pesticides et le 1er en Europe (30% des quantités totales utilisées).
Or, ces substances se retrouvent rapidement dans les rivières, les nappes et jusque dans les villes. Elles sont dispersées dans les jardins publics (ex. le site de mesure des Halles au coeur de Paris a relevé 8 herbicides, 4 insecticides et 7 fongicides), mais également transportées par voie des airs - de récentes études indiquant qu'elles pouvaient parcourir 10 km dans l'atmosphère et retomber en plein milieu urbain! Les conséquences sont dramatiques pour les écosystèmes, notre santé... et notre portefeuille.
En effet, il y a encore quelques mois, la France était menacée de sanctions record par la Commission Européenne (par "record", entendez près de 500 millions d'euros...). Elle vient tout juste d'échapper aux 30 millions d'amende pour pollution aux nitrates des eaux bretonnes. Pourtant, les solutions existent (oserais-je dire, comme d'habitude...).
Ainsi, cela fait 20 ans que le Danemark a engagé une politique de réduction de l'usage des pesticides. Un premier Plan d'Action Pesticide a été lancé dès 1986, après avoir observé un déclin de la biodiversité proportionnel à un accroissement de l'utilisation de produits phytosanitaires. Ces efforts ont payé: la fréquence d'applications a vu son taux passer de 3,1 sur la période 1990-93 à 2,1 entre 2001-2003. Le pays en est à son 3ème Plan d'Action pour la période 2004-2009, avec un objectif d'une fréquence d'application inférieure à 1,7 d'ici à 2009 - soit une réduction de moitié en 20 ans.
Le Parlement européen vient d'approuver la révision de la Directive sur les pesticides datant de 1991 avec un renforcement des règles européennes en matière d'autorisation et d’usage de ces produits. Mais il y a de fortes chances que les taux soient fixés par les Etats Membres. En France, selon les conclusions du Grenelle de l’environnement, les 30 substances les plus dangereuses devraient être retirée dès 2008, avec une cinquantaine de produits interdits d’ici quatre ans et un objectif de réduction de moitié de la fréquence de traitement des pesticides d’ici 10 ans.
Malheureusement, un "si possible" est venu se coller à cet objectif dans le discours de clôture de Nicolas Sarkozy, demandant au ministre de l’agriculture, Michel Barnier, de proposer "un plan [d'ici un an] pour réduire de 50% l’usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, si possible dans les dix ans qui viennent".
Et si nous disions "Si possible, nous payerons nos impôts"?
Lire également l'article du blog "Un petit tour dans le jardin"
Sources:
- "Les dispositions réglementaires en vigueur concernant les produits phytosanitaires", site de la DRAF - Pays de Loire
- "La France reste sous la menace de sanctions record par Bruxelles", actu-environnement (28 juin 2007)
- "Danish lessons on pesticides", Euractiv (22 mars 2007)
- "Le Parlement européen et le Grenelle de l’environnement en phase sur la réduction des pesticides", Euractiv (26 octobre 2007)
- "Transportation of pesticides from rural to urban areas" (.pdf), DG Environment (16 mai 2007)
- "La région Ile-de-France est polluée par les pesticides : du coeur de Paris aux zones rurales", Notre-Planète info (12 juillet 2007)
22:47 Publié dans Activités de loisir, Agriculture, Biodiversité, Education citoyenne, Parcs / jardins, Particuliers, Santé, bien-être | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : environnement, jardins, santé, biodiversité, nature
jeudi, 08 novembre 2007
Notre planète, cette oeuvre d'art
Je ne cesse de m'émerveiller devant les splendeurs que nous offre notre planète. C'est aussi une de mes motivations à travailler dans l'environnement: j'ai certes envie de préserver la vie, l'harmonie entre les hommes et la nature (ce qui influe directement sur notre propre bien-être), mais je souhaite également préserver les richesses de la Terre pour que ses oeuvres d'art puissent s'offrir au regard des hommes aussi longtemps que possible. Je crois qu'il n'est pas coeur humain pouvant éternellement résister à la beauté de notre planète. Nous avons tous un tableau gardé secrètement au fond de nous-mêmes.
Si les hermétiques à la préservation de l'environnement pouvaient longuement contempler les paysages grandioses peuplant la Terre, il ne fait aucun doute que beaucoup finiraient par évoluer. L'un des exemples les plus frappants est sans doute Nicolas Hulot qui, certes, est depuis longtemps sensible à l'environnement, mais qui est devenu aujourd'hui un de ses plus fervents défenseurs après avoir pris conscience des menaces pesant sur l'extraordinaire beauté des paysages rencontrés.
Nous avons tous en tête au moins quelques photos du monde vu du ciel, photographié par Yann Arthus Bertrand. Dans un autre genre, voici quelques images satellites issues de l'exposition "la Terre, une oeuvre d'art", présentée en avril dernier à Bruxelles (choisissez un lieu puis cliquez sur les flèches vertes en haut pour revenir à la carte):
08:45 Publié dans Agriculture, Aménagement urbain, Biodiversité, Education citoyenne, Santé, bien-être | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : environnement, développement durable, blog, photographie, habitat, eau, agriculture
jeudi, 09 août 2007
Adieu Franska

Introduite dans les Pyrénées le 28 avril 2006, l'ourse slovène Franska est morte, heurtée vers 6h30 ce matin par une voiture militaire (source: NouvelObs).
Accusé d'avoir tué des dizaines d'ovins, la majorité des bergers n'ont jamais accepté la présence de l'animal, faisant souvent preuve d'une violence aussi inouïe que primaire. Rappelons que Roland Castells, le maire de Bagnères-de-Bigorre ayant accueilli Franska, recevait des lettres anonymes remplies d’hameçons et de verre pilé et que François Arcangeli, maire d'Arbas favorable à la réintroduction de l'ours, avait vu sa mairie maculée de sang de brebis.
Petite histoire d'ours brun des Pyrénées...
Pourtant, l'ours peuple les Pyrénées depuis plus de 600.000 ans, mais l'action humaine n'a eu de cesse de diminuer drastiquement sa population depuis un siècle. De 150 ours au début du XXe siècle, il n'en restait qu'environ 70 en 1954 et... 7 ou 8 au début des années 1990. L’État décide alors de renforcer les populations en relâchant 3 ours slovènes en 1996-1997. Fin 2005, une quinzaine d’individus sont dénombrés sur l’ensemble des Pyrénées mais le nombre de femelles étant insuffisant (surtout avec la mort de Cannelle), 4 femelles slovènes (dont Franska et Palouma, morte 4 mois plus tard d'une chute mortelle) et un mâle sont lâchés en 2006. A présent, la population d’ours bruns des Pyrénées compte à peine une vingtaine d’individus.
L'homme "moderne" a perdu toute notion de vie en équilibre avec la nature, développant une haine et une envie de se débarrasser de tout ce qui le dérange. Or, bien que craintif, l'ours est un grand prédateur opportuniste. Là où de la nourriture est à sa portée, l'ours ira. Autrement dit, restreignez son territoire et offrez lui des troupeaux et l'ours, naturellement, se servira (nous en ferions tout autant). Or, les bergers ont cette fâcheuse manie d'omettre systématiquement de mentionner que les troupeaux touchés sont avant tout ceux qui ne sont pas protégés (la problématique est exactement la même avec les loups).
Ah mais gare! Nous sommes des citadins idéalistes qui ignorent que 1/ La profession de berger n'est plus prisée et le personnel manque (depuis quand les patous(*) signent des contrats d'embauche?) et 2/ Il est plus facile du fin fond des villes de plebisciter l'ours plutôt que d'y être confronté sur le terrain. Or, dans les parcs nationaux américains où les ours sont nombreux, les accidents sont rarissimes. J'ai moi-même eu la chance de voir un ours au détour d'une petite route dans le Yosemite Park - une rencontre dont peu de bergers français peuvent se vanter, tant l'observation des ours pyrénéens est difficile!
Il y a des règles à respecter pour vivre en harmonie. Cela fait bien longtemps que l'homme les a impunément bafouées. D'un côté il en paye les conséquences en mettant des troupeaux sous le nez des prédateurs (à jouer avec le feu, on se brûle), mais il a l'hypocrisie d'accuser le prédateur d'être responsable (si vous vous brûlez, c'est la faute au feu). Le simple fait de voir certains bergers, accusant les pro-ours de ne pas réfléchir, mettre du verre pilé dans une enveloppe (sous prétexte qu'ils sont à bout) prouve à quel point ce débat est déplacé.
Alors oui, l'introduction d'ours a coûté 2,2 millions d'euros, une somme qui aurait pu être investie dans d'autres projets liés à la nature (et porter plus de fruits). Pour autant, doit-on accepter l'égoïsme humain comme une fatalité et laisser des espèces périr sous le seul prétexte qu'après avoir été décimées lamentablement, leur sauvegarde n'est plus rentable? L'espèce humaine accepterait-elle d'être réduite à néant si un prédateur plus féroce décidait de se débarrasser de nous?
(*) Les patous sont des chiens de berger. Lire l'article "A propos du patou, des ours et des loups" sur le site www.loup.org
Sources:
- "Franska est-elle psychopathe?", magazine Le Point (19 juillet 2007)
- "L'ours brun", brochure du Ministère
- "Le patou", brochure du Ministère
13:55 Publié dans Agriculture, Biodiversité, Gouvernance | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : environnement, politique, biodiversité
mardi, 22 mai 2007
Cette agriculture qui préfère l'alcool plutôt qu'éradiquer la faim dans le monde...
Si le tabac a de moins en moins bonne presse, je suis persuadée que nombre d'entre vous - pourtant sensibles à l'environnement - salivent encore au souvenir d'un bon petit bordeaux, bourgogne ou vieux cognac... Qui peut se vanter de n'avoir jamais bu un verre d'alcool ni fumé une cigarette (voire autre chose)? Voilà comment au moins 1.5% (sans doute plus) de la surface totale de terres agricoles dans le monde n'est pas utilisé à des fins alimentaires mais au plaisir des papilles.
Pourtant, difficile de trouver la moindre étude sur cet enjeu. Il est plus facile d'inciter les citoyens à limiter leur consommation de viande, pointant du doigt les hectares nécessaires à l'élevage et la pollution engendrée. Certes, c'est justifié (pensez aux terres cultivées consacrées uniquement à l'alimentation des animaux...). Mais cela faisait un moment que je cherchais à savoir quelle proportion de terres agricoles était condamnée à satisfaire un simple plaisir gustatif (et pulmonaire), plutôt que tâcher de limiter la faim dans le monde.
La surface de terres arables et cultivées permanentes est estimée à 1540,6 milliards d'hectares dans le monde (sources FAO/Quid). D'après le Quid, 7,320 millions d'ha sont destinés à la culture du raisin pour le vin, 3,981 millions d'ha pour le tabac et 63 milliers pour le houblon (bière). Reste l'ensemble des spiritueux (ex. Whisky, Gin, Vodka, Rhum...) et les autres cultures non licites (marijuana, cocaïne, héroïne...) dont je n'ai pas trouvé de surfaces.
Cependant, le cabinet International Wine and Spirit Record (IWSR) a réalisé récemment une étude sur le marché mondial du vin, indiquant que la consommation mondiale de vins atteignait près de 22,8 milliards de litres en 2005 et celle des spiritueux, près de 19,6 milliards de litres.
En extrapolant le ratio surface cultivée/production en litre du vin pour fournir une (vague) approximation des surfaces cultivées consacrées aux spiritueux, on obtient environ 6 millions d'hectares pour ces derniers. Ajoutés aux cultures de tabac, de vin et de bière, on obtient donc un total de 1,15% de terres arables et cultivées "condamnées" au plaisir. Mais il faut ajouter les diverses drogues, les alcools locaux probablement non répertoriés sur le marché mondial. Je tablerais donc plus sur 1,5%... au minimum.
Certains me diront que ce n'est pas énorme... mais si vous déteniez 1% des bénéfices nets de Microsoft, vous ne diriez plus "bah, c'est rien...", du haut de vos 91 millions d'euros! 1%, à grande échelle, c'est important. De plus, l'étude du IWSR estime que jusqu’en 2010, la consommation de vin dans le monde devrait progresser de 1 % par an. Ce pourcentage de terres occupées risquent donc d'augmenter.
Enfin, cerise sur le gâteau, l'Inde est le 3ème pays producteur de tabac après la Chine et le Brésil, avec 438 milliers d'hectares destinés au tabac. Or, c'est bien connu, personne ne souffre de la faim en Inde...
Alors la prochaine fois que vous voudrez arroser un évènement, réfléchissez-y!
Sources:
- Agriculture - Comparaisons: Quid (citant les chiffres de la FAO)
- Statistical Yearbook 2005-2006, FAO
- Statistiques sur le vin, Quid
- Statistiques sur le tabac, Quid
- Statistiques sur la bière, Quid
- "Conjoncture internationale - La nouvelle embellie du vin", Agriculture Information (30 janvier 2007)
13:05 Publié dans Agriculture, Alimentation, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, alimentation, politique
jeudi, 26 avril 2007
De l'importance de la biodiversité dans notre vie quotidienne
Le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable vient récemment de publier un petit ouvrage intitulé "La biodiversité à travers des exemples" particulièrement sympathique.
Ce livret (un peu plus de 100 pages tout de même) a été écrit à la demande de la Ministre Nelly OLIN par les 25 membres du CSPNB (Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité). Son objectif est de (dé)montrer l'importance de la biodiversité dans notre quotidien et les enjeux de sa conservation au travers d'une soixantaine d'exemples.
Prenez conscience que notre nourriture, notre eau, l'air que nous respirons, notre énergie (pétrole, gaz naturel, bois...), notre santé (10 des 25 médicaments les plus vendus aux Etats-Unis sont dérivés de sources naturelles), nos habits (coton, laine...), nos bâtiments (calcaire, ciment, cyanobactéries préhistoriques oxydant le fer et créant les gisements à l’origine de l’acier d’aujourd’hui...) et nos loisirs (randonnée, escalade...) dépendent de la biodiversité. Même le plastique est dérivé du pétrole...
Vous pouvez lire le livret en ligne (pages html) sur la page de présentation ou télécharger les documents (fichiers pdf), partie par partie:
Excellente lecture à tous!
PS: je vous conseille d'enregistrer les fichiers sans les ouvrir au préalable (c'est beaucoup plus rapide). Pour cela, faites un clic droit sur chacun des liens et sélectionnez "enregistrer la cible sous").
11:55 Publié dans Agriculture, Alimentation, Biodiversité, Construction, Enseignants, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : environnement, biodiversité, éducation, nature
mardi, 20 mars 2007
Les fraises, nouvelle menace des parcs naturels?
Les allergiques à la fraise espagnole, plus enclins à défendre les produits français, vont être heureux. Le WWF vient en effet de lancer un cri d'alarme à l'égard des consommateurs et des distributeurs concernant la vente de fraises espagnoles qui sont en train de détruire des espaces naturels ibériques parmi les plus importants d'Espagne (et d'Europe).
En effet, les zones humides du Parc National de Coto Donana dans le sud du pays s'assèchent, l'eau servant à irriguer en partie les fraises sur 5000 hectares, soit 95% de la production nationale. Pourtant, le parc est classé patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1984. Situé en Andalousie, il présente un ensemble d'écosystèmes remarquables (lagunes, marais, dunes fixes et mobiles, buissons et maquis) qui en fait un des sites de prédilection pour des oiseaux menacés. Plus de 500.000 oiseaux d'eau hivernent dans le Parc.
Mais cela ne semble avoir eu aucun effet sur les plantations de fraises... dont 40 % des surfaces seraient cultivées illégalement (plus d’une centaine d’hectares empiètent sur des espaces protégés). L'irrigation provient massivement de forages dont 50 % sont non déclarés, ce qui réduit considérablement (environ 50%) l'alimentation des zones humides alentours.
Cerise (fraise?) sur le gâteau, l'importation de toutes ces fraises génère près de 4.500 tonnes de plastique chaque année dont la majeure partie des 300.000 tonnes produites alimentent nos étals français et ceux de nos voisins allemands. De surcroît, vous aurez remarqué que ces fruits sont apparus dès le mois de janvier dans les marchés. Or, même en supposant que le climat andalou est plus doux, de sacrées quantités de pesticides ont du être nécessaires pour la production de fruit en plein hiver, histoire de pouvoir acheter des fraises de janvier à avril (voir l'article du blog "Semaine sans pesticide")...
Au final, le bilan environnemental est catastrophique: kilo de pesticides inutiles, eau pompée, parc menacée, forages illégaux et surplus de plastique pour protéger des fruits très fragile sur des distances importantes...
Bien que l'article de la BBC indique qu'un porte-parole de Carrefour Espagne affirme se fournir en fraises provenant du seul fournisseur dont les méthodes de production sont suivies et respectent les standards Européens, quelque chose me dit qu'il n'en est rien côté français (et encore me faudrait-il croire ce porte-parole...).
Moralité: attendez le mois de MAI avant d'acheter des fraises, ce n'est pas encore la saison! Goûtez plutôt à des variétés anciennes de pommes et surtout, surtout, évitez les fruits qui ont du parcourir 13.000 km pour atteindre votre assiette...
Sources:
- Fiche des sites inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco: Parc National de Doñana
- "Call for Spain strawberry boycott", BBC (16 mars 2007)
- "Acheter des fraises hors saisons favorise la destruction du milieu naturel espagnol", Notre-Planète.info (17 mars 2007)
22:59 Publié dans Agriculture, Alimentation, Eau, Emballage, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, alimentation, énergie
vendredi, 16 mars 2007
3,3 millions de tonnes de nourriture par an à la poubelle…
L’Agence gouvernementale Britannique WRAP (Waste & Resources Action Programme – Programme d’Action Déchets & Resources) vient de publier aujourd’hui les résultats de son enquête indiquant que le Royaume Uni jette 6,7 millions de tonnes de nourriture chaque année, soit un tiers de celle achetée (et sans doute, autant en France...). La moitié (soit 3,3 millions de tonnes) est de la nourriture "consommable" (du moins, l’était). Le reste comprend les épluchures, les os et autres déchets alimentaires.
Ces 3,3 millions de tonnes (55 kg par anglais et par an) de nourriture consommable représentent plus de 25% des dépenses (sans doute a-t-on plus tendance à jeter des légumes pourris que de la viande, plus chère). Pourtant, 1/5 ème des émissions de carbone proviennent de la production, de la transformation, du transport et de la conservation des aliments. A cela s’ajoute le fait que la plupart de ces aliments partent dans les décharges et se transforment en gaz à effet de serre, alors qu'une bonne partie pourrait être compostée (voir article du blog sur le compost).
Comment éviter ce gâchis ?
- Vérifiez régulièrement le contenu de votre frigo (maintenu à bonne température) et de vos placards (surtout avant de faire vos courses)
- N’achetez pas en trop grosses quantités (à quoi bon acheter un produit moins cher au kilo car vendu en gros si vous n’en consommez finalement que le tiers ?)
- Achetez des produits de qualité car, même s’ils sont plus chers comme des fruits ou des légumes, ils tiendront beaucoup plus longtemps, vous n’aurez pas de perte contrairement aux fraises bradées pourrissant en 12h… C’est d’autant plus valable pour des produits issus de l’agriculture biologique qui n’ont pas été poussés/ gonflés/ mûris artificiellement. Ainsi, vous observerez que des bonnes pêches ou des pommes se flétrissent en vieillissant mais ne moisissent pas, contrairement à la plupart des fruits que l’on trouve actuellement sur les marchés.
- Tâchez de cuisiner à la juste quantité pour ne pas avoir de restes ou pour bénéficier d’un second repas (mais ne l’oubliez pas !).
- Privilégiez les petites portions dans votre assiette : mieux vaut se resservir plutôt que de devoir jeter des aliments qui ne se conserveraient plus parce que vous avez bavé dessus…
Les temps ont bien changé depuis nos (grands-)parents qui ont connu des guerres… Il y a encore un demi siècle, gâcher de la nourriture était quasiment un crime. Pourquoi un tel changement d’attitude face à l’omniprésence d’SDF ou de reportages sur la famine à quelques milliers de kilomètre de chez nous ?
Et si la faim ne vous motive pas, alors pensez aux millions de litres d’essence, de kW d’électricité, de pesticides, de labeur, d’eau que les aliments ont nécessité pour parvenir jusqu’à vous… et le prix à payer – le prix que vous, contribuable, payez au gouvernement pour assainir l’eau, pour financer l’agriculture, pour construire les réseaux énergétiques nécessaires… Tout ceci a un prix qui s’additionne au coût de vos achats volatilisés à la poubelle...
La prochaine fois que vous jetterez votre semoule qui sent le vieux, votre pomme moisie ou le morceau de poulet de la semaine dernière, pensez-y… et ne recommencez plus !
Sources:
- "Homes waste 3.3m tonnes of food", BBC (16 mars 2007)
- "New WRAP Research Reveals Extent of Food Waste in the UK", WRAP (16 mars 2007)
20:00 Publié dans Agriculture, Alimentation, Déchets, Education citoyenne, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : environnement, déchets, alimentation, économie
mardi, 13 mars 2007
Semaine sans pesticides du 20 au 31 mars 2007
78.300 tonnes de produits phytosanitaires (fongicides, insecticides, herbicides) ont été répandus en France en 2005. Cela fait de nous les 1er consommateurs européens (en valeur absolue et à l'hectare) et les 2ème consommateurs mondiaux, juste derrière les Etats-Unis (source: Capital).
Que ceux qui pointent un doigt accusateur vers les agriculteurs s'en mordent les doigts... Sur ces 78.300 tonnes, 3.500 tonnes ont été utilisées par les espaces verts de la Ville et 8000 tonnes... par les jardiniers amateurs représentant, à eux seuls, plus de 10% des pesticides consommés dans l'année!!!
Or, près de 520 matières actives entrant dans la composition d'environ 3000 produits commerciaux sont homologuées et utilisées en agriculture (115 pour les quelques 500 produits à destination des jardiniers amateurs)... dont une grande partie se retrouve dans l'eau (pollution des cours d'eau, des nappes phréatiques, impacts sur la biodiversité...) et dans nos assiettes (fruits et légumes contaminés).
Lors d'une étude de la DGCCRF (Direction Générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) réalisée en 2005, 10% des 196 échantillons de fruits et légumes montraient des résidus de pesticides supérieurs aux normes légales. Un échantillon de fraises présentait même des taux 32 fois supérieurs à la normale d'endosulfan, un insecticide pourtant interdit.
Les conséquences sur l'environnement et la santé sont dramatiques: eaux polluées, espèces décimées, sols contaminés, mais également effets sur notre santé (voir l'article du blog "Phyt'attitude: agriculteurs, préservez votre santé!"). Si les impacts à courts termes sont assez connus (troubles respiratoires, eaux eutrophisées...), les effets à long terme demeurent encore en grande partie inconnus. Certaines substances utilisées sont cancérigènes ou /et s'accumulent dans les organismes sans pouvoir être évacuées. Déjà, de nombreux troubles des comportements sexuels s'observent chez les animaux et certaines substances peuvent réduire la fertilité, entrainer des hermaphrodismes, favoriser la naissance de femelles au détriment des mâles et réduire la taille des organes génitaux.
Et puisque des mammifères sont touchés (ex. l'ours polaire) et que l'homme est un mammifère, il n'y a aucune raison qu'il soit épargné.
Les risques sont énormes mais il reste à sensibiliser la population. Dans ce contexte, l’ACAP (Action Citoyenne pour les Alternatives aux Pesticides) organise une semaine sans pesticides du 20 au 31 mars, avec de nombreux évènements et démonstrations dans toute la France.
Pour en savoir plus et connaître les manifestations dans votre région, rendez vous sur le site officiel de la campagne:
www.semaine-sans-pesticides.com
Sources:
- Observatoire des Résidus de pesticides
- Campagne Pesticides de France Nature Environnement
- "Dossier Environnement", mensuel Capital de février 2007
- "Etre écocitoyen", publication de Nature & Découvertes (2005)
Lire aussi...
- "Roundup biodégradable : Monsanto condamné pour publicité mensongère" sur Ecolopop
- l'excellent diaporama très complet (notamment les impacts sur la santé et l'environnement): "les pesticides, qu'est ce que c'est?", réalisé par la MCE (maison de la consommation et de l'environnement)
- "High Levels Of Pollutants May Decrease Sexual Organ Size In Polar Bears", Science Daily - septembre 2006
14:10 Publié dans Agriculture, Gouvernance, Parcs / jardins, Particuliers, Santé, bien-être | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, biodiversité, jardinage, santé
mardi, 05 septembre 2006
Explorez les forêts tropicales dans votre collège!
Sous l'initiative du WWF-Belgique, les élèves des 4e, 5e et 6e secondaires Belges (équivalent du collège) vont pouvoir, dès la rentrée, explorer le monde des forêts tropicales depuis le PC de leur classe, en prenant part au projet "Jengi".
Il s'agit d'un outil pédagogique et multimédia, développé avec le soutien de la Loterie nationale et destiné à initier les jeunes au développement durable au travers de l'étude des forêts tropicales camerounaises: biodiversité, exploitation forestière, géographie, tourisme, cultures et traditions locales, agronomie... Un guide à destination des enseignants permet d'approcher la philosophie pédagogique du WWF. Des vidéos clips, des galleries de photos, une excellente liste de liens, des forums de discussion, des rencontres avec des experts, des exercices de terrain... sont mis à la disposition des élèves.
Un concours est également organisé, les classes les plus performantes et créatives étant ensuite invitées à un événement final au Jardin Botanique de Meise où leur projet sera présenté devant un jury. Les classes doivent pour cela s'inscrire avant le 30 septembre sur le site officiel.
Pour la petite histoire, le WWF est très actif dans cette région au travers de son programme de gestion durable des forêts. Je vous invite à lire l'article du blog "Journée Internationale de la Forêt" pour en savoir plus.
14:25 Publié dans Agriculture, Biodiversité, Education citoyenne, Enseignants, Initiatives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, forêt tropicale, biodiversité, agriculture, exploitation forestière, bois, collège
vendredi, 01 septembre 2006
Des cartes pour connaître les sites natures, les boutiques bio...
La FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature) vient d'éditer la première carte verte de France, celle de Villeurbanne. Ces cartes permettent de visualiser l'intégralité des sites nature et environnement, des initiatives écolo, les modes de transports alternatifs à la voiture, les services et produits bio ou écologiques, les associations… . Vous obtiendrez non seulement les adresses, mais également les horaires d'ouverture, les types de services offerts, les sites Internet...
Une aubaine pour tous les écocitoyens, mais également tous ceux qui, tentés par une promenade tranquille dans un site au calme, finiront (on l'espère) par loucher sur les autres rubriques (boutiques, transports...) auxquelles ils ne songeraient pas d'emblée.
Notez au passage que la FRAPNA est officiellement agréée comme "faiseur de cartes" par le réseau international "Green Map", un réseau mondial comptant plus de 230 "cartes vertes" réparties dans 40 pays (230 projets sont également en cours dont, apparemment, Paris). Accédez aux cartes de Londres, Montréal, Tokyo...
Site officiel de la carte verte de Villeurbanne
Site officiel pour accéder aux cartes vertes mondiales du réseau Green Map.
13:20 Publié dans Activités de loisir, Agriculture, Alimentation, Biodiversité, Initiatives, Parcs / jardins | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : environnement, développement durable, transports, agriculture biologique, produits bio


























