lundi, 17 décembre 2007
Du poisson labellisé
Les ressources halieutiques (produits de la pêche) sont en déclin, près de 75 % étant pleinement exploitées, surexploitées ou carrément quasiment épuisées (source: FAO). Tandis que les ONG (suite à un rapport alarmant du WWF) exigeaient un moratoire ces pêches de thon rouge en méditerranée - espèce gravement menacée d'extinction, les pêcheurs (défendus par l'ICCAT, la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique) ont refusé, craignant de perdre de nombreux emplois. Peu importe si tout ce qu'ils risquent est de réitérer la douloureuse expérience de leurs homologues canadiens: quand en 1992 les stocks de cabillaud (ou morue) des côtes de Terre Neuve s'effondrèrent complètement, 30 000 pêcheurs ont perdu leur job. Malgré de lourds efforts pour reconstituer les stocks, le cabillaud n'est pas revenu.
Pour cette raison, le WWF lance une campagne "Pour une pêche durable", incitant les consommateurs à adopter ces quelques gestes, tout en choisissant les espèces consommées avec soin:
- Consommez modérément les produits de la mer
- Variez les plaisirs
- Préférez les produits de la mer issus de la pêche sélective et préservatrice de l'environnement. Posez des questions concernant les méthodes de pêche à votre poissonnier. Préférez la ligne ou le casier au chalut de fond
- Evitez les poissons pouvant provenir de pêche illégale ou portant préjudice aux populations des régions d'où ils proviennent (le thon rouge, la crevette de pêche tropicale ou la sole tropicale en font partie)
- Evitez d'acheter des poissons lors de leur période de reproduction (qui peuvent être capturés plus facilement, rendant leur survie problématique)
- N'achetez pas d'espèces en danger imminent d'extinction (thon rouge, cabillaud ou morue, espèces de grands fonds: empereur, sabre, grenadier, siki, saumonette)
Pour vous aider, un guide (en .pdf) est téléchargeable: www.pourunepechedurable.fr/GUIDE_POISSON.pdf
J'ajouterai à leur liste quelques espèces additionnelles à éviter*
Poissons à éviter car :
Surexploités et classés en tant qu’espèces menacées d’extinction par l’UICN (liste rouge mondiale) :
- Mérou
- Eglefin (ou Haddock) (classé par le WWF comme à consommer avec modération)
- Marlin blanc
Surexploités et classés en tant qu’espèces « vulnérables » ou « en danger » par l’UICN :
- Morue (ou Cabillaud)
- Saumon du Pacifique (indiqué comme à privilégier par le WWF... là, je ne suis pas du tout d'accord, la plupart des espèces de Saumon du Pacifique étant en danger d'extinction).
Stocks surexploités :
- Carrelet (ou plie canadienne)
- Julienne (indiqué avec modération par le WWF)
- Roussette
- Lotte (indiqué avec modération par le WWF
- Esturgeon
Données insuffisantes (donc à éviter en attendant d’en savoir plus) :
- Moustelle blanche
Exploitation détruisant des habitats (ex. Coraux) ou d’autres espèces (ex. Dauphins)
- Grenadier
- Perche
- Sprat
Poissons à privilégier en dehors de période de reproduction (= date entre parenthèse) et taille minimum pour la consommation) :
- Tacaud (mars-avril, 20 cm)
- Dorade grise (éviter en avril-mai, 20 cm)
- Clams, Coques, Moules, Huîtres communes, Pétoncles, Coquilles Saint-Jacques
- Bigorneaux (janvier-avril)
- Lieu (40 cm)
- Seiche (indiqué avec modération par le WWF)
- Limande (avril-juin, 27 cm)
- Flet (février-mai, 30 cm)
- Grondin gris ou bleu (avril-fin été, 20 cm)
- Hareng (janvier-avril, 20 cm)
- Lieu jaune (50 cm)
- Maquereau (mai-juillet, 30 cm)
- Rouget (mai-juillet, 24 cm) (WWF: avec modération)
- Truite (octobre-janvier)
- Merlan (mars-avril, 30 cm) (WWF: avec modération)
Privilégiez, dès que vous le voyez, le label MSC (Marine Stewardship Council). Comme le FSC (bois labellisé), le MSC atteste d'une pêche plus respectueuse de l'environnement et de la biodiversité.
Encore trop rare, il prend petit à petit son essor et c'est le seul label digne de ce nom pour la certification de produits marins.
Je sais bien que toutes ces recommandations ne sont pas faciles à respecter. Mais en faisant simplement un effort de temps à autre (ex. choix des espèces, taille du poisson, provenance, label...), vous aurez d'emblée apporté votre pierre à l'édifice. C'est déjà pas mal.
Site officiel de la campagne: www.pourunepechedurable.fr
* En ajoutant des données de l'UICN (listes rouges mondiales) plus complètes.
Sources:
- Ressources halieutiques, FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture)
- "Coup de grâce pour le thon rouge", WWF (19 nov. 2007)
15:50 Publié dans Alimentation, Biodiversité, Eau, Education citoyenne, Initiatives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, développement durable, alimentation, pêche, MSC, mer, océan
vendredi, 28 septembre 2007
Pollution et cancer - le rapport polémique de l'Académie de Médecine
L'Académie de Médecine et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) viennent de publier un rapport sur les principales causes du cancer pointant du doigt nos modes de vie bien plus que la pollution. Ces résultats ont déclanché une véritable polémique au sein des chercheurs comme des associations de protection de l'environnement (lire le communiqué de WWF). La raison? Le rapport indique que seul quelque 0,2% de cancers sont liés à la pollution - un chiffre loin des 50% (voire plus) avancé par certains comme le Pr. Belpomme (chercheur à l'Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse - source JDD). Ce dernier souligne d'ailleurs que le rapport rappelle que dans 45% des cas, les causes de cancer sont identifiables. D'où sa question "qu'en est-il des 50% restant?"
En effet, il y a de quoi se poser de nombreuses questions. Rien qu'à lire le résumé d'introduction (voir ci-dessous), la méthodologie retenue à de quoi surprendre:
- Les risques liés aux expositions professionnelles ne rentrent pas dans la catégorie pollution: amiante, suie, produits toxiques, etc. doivent-ils donc être exclus de la définition de pollution?
- Les études ont porté sur des adultes. Le fait qu'une étude de l'INSERM a indiqué que les enfants vivant à proximité d'une station-service ou un garage ont un risque quatre fois supérieur de développer une leucémie n'est donc pas pris en compte. Hallucinant, d'autant qu'enfants et foetus sont les populations les plus sensibles à l'environnement.
- Le rapport indique (lire ci-dessous): "quand les agents polluants n’ont pas d’effet cancérogène établi (par exemple, nitrates, pesticides, etc.)" j'ai du mal à admettre le sérieux de ce compte rendu. Pour preuve, cela fait plusieurs années que le Round’Up (pesticide de Monsanto) a été démontré comme étant cancérogène. Les articles à ce sujet sont nombreux (lire par exemple celui de ISIS "Glyphosate toxic and Roundup worse", 2005). Sur combien d'autres affirmations de ce genre le rapport s'appuie-t-il?
- Le rapport reconnait l'influence de l'alimentation sur les incidences de cancers chez les animaux mais aucun cas avéré chez l'homme. L'homme oublierait-il sont appartenance au monde animal? Pas de cas avéré ne signifie nullement aucun risque ou lien de cause à effet. Or, il est plus que gênant (surtout dans un contexte scientifique) de se permettre d'énoncer une série de chiffres très précis sans les accompagner du moindre rappel sur le principe de précaution.
- Enfin, bien que ce rapport reconnaisse les nombreuses incertitudes et faiblesses méthodologiques, cela ne l'empêche pas d'annoncer des chiffres très précis. Ce rapport est-il réellement pertinent au regard des approximations et des choix de méthologie? Pour des scientifiques qui exigent des études extrêmement rigoureuses pour démontrer le bienfait de certaines médecines alternatives (par exemple), les voilà bien cléments...
Pour ceux qui ont encore foi en ce rapport, ayez une pensée pour le nuage de Chernobyl qui a traversé la France ou pour les 1% d'ours polaires devenus hermaphrodites (c'est un mammifère évolué... sa sensibilité aux polluants n'est donc pas si éloignée de la notre). A moins d'opter pour la dégradation de la fertilité masculine (90 à 100 millions de spermatozoïdes par millilitre dans les années 50...50 à 60 millions par millilitre dans les années 90)...
Extrait du rapport de l'Académie de Médecine
"Les causes avérées:
Ce rapport confirme qu’en France (comme dans tous les pays industriels et la majorité des pays en voie de développement) le tabac reste (...) la principale cause de cancer [33% des décès par cancer chez l’homme, 10% chez la femme]. (...) L’alcool est à l’origine d’environ 9% des décès par cancer chez l’homme et 3% chez la femme. Ainsi, malgré les efforts effectués, tabac et alcool restent à l’origine de 28% des décès par cancer. L’excès de poids et l’insuffisance d’exercice physique causent environ 2% des cancers chez l’homme et 5,5% chez la femme. Les expositions professionnelles sont à l’origine de 3,7% des cancers chez l’homme et de 0,5% chez la femme. Ce pourcentage a tendance à diminuer dans les pays industrialisés grâce, notamment, à une meilleure hygiène du travail. (...) Contrairement à certaines allégations, la proportion de cancers liés à la pollution de l’eau, de l’air et de l’alimentation est faible en France, de l’ordre de 0,2%. Elle pourrait atteindre 0,8% si les effets de la pollution de l’air atmosphérique étaient confirmés (...).
Chez les femmes, les traitements hormonaux de la ménopause sont à l’origine d’environ 2% des décès par cancer (...): ceci invite à limiter les indications et la durée de ces traitements. L’exposition prolongée aux rayons solaires cause environ 1% des décès par cancer dans les deux sexes. On considère généralement que l’alimentation a une influence majeure sur le risque de cancer ; cependant, l’effet de facteurs nutritionnels spécifiques, tels que la teneur en fibres des aliments, la quantité de fruits et légumes ingérée, n’a pas été confirmé par les dernières enquêtes épidémiologiques. De même, celles-ci suggèrent que la consommation de viande rouge et de charcuterie n’accroît que modérément les risques de cancer du colon-rectum. Cependant, ces études ont été effectuées sur des adultes ; le rapport souligne la nécessité de poursuivre les recherches, car il est plausible que l’alimentation de l’enfant, de l’adolescent et même de la mère pendant la gestation, puisse influencer l’incidence des cancers à l’âge adulte. (...) L’influence sur la fréquence des cancers de la richesse en calories de l’alimentation a été constatée chez les animaux d’expérience. (...) Il existe [de nombreuses interactions] entre agents cancérogènes exogènes et endogènes. Peut-on arguer de ces interactions pour supposer un rôle de la pollution ? Ceci est concevable si l’agent polluant a un pouvoir cancérogène même faible, donc pour certains polluants atmosphériques qui pourraient accroître les effets du tabac ; cependant, les études épidémiologiques, sans exclure cette éventualité, montrent que cette interaction n’aurait qu’un impact limité, même pour les cancers du poumon. En revanche, quand les agents polluants n’ont pas d’effet cancérogène établi (par exemple, nitrates, pesticides, etc.), cette hypothèse apparaît très peu vraisemblable."
[article mis à jour le 9/10/07]
Sources:
- "Les causes du cancer en France - Rapport version abrégée" (pdf), Académie des Sciences (septembre 2007)
- "Cancer, un rapport partiel, voire partial", JDD (13 sept. 2007)
- "Essence et leucémie", rfi service pro (10 déc. 2004)
- "La vie sexuelle des ours polaires", Agence Science-Presse (4 sept. 2000)
- "La fertilité humaine est-elle menacée par l'environnement?", Actu-Environnement (12 dec. 2006)
19:35 Publié dans Alimentation, Gouvernance, Produits chimiques, Qualité de l'air, Santé, bien-être | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : environnement, santé, qualité de l'air, pollution
jeudi, 13 septembre 2007
Moins d'emballage = économie pour les ménages
Beaucoup de français persistent à clamer que consommer "écolo" coûte plus cher. Pourtant, faire le choix de limiter les emballages dans ses achats (donc, réduire ses déchets) est déjà un geste écolo, respectueux de l'environnement et qui s'avère particulièrement économique pour le porte-monnaie!
En effet, l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) a récemment présenté les résultats d'une étude sur les déchets produits par les ménages au regard des achats effectués dans la grande distribution. L'analyse a porté sur 150 produits de consommation courante. Cinq chariots, représentatifs de plusieurs tailles de foyers (une et quatre personnes) et d’une consommation plus ou moins éco-reponsable en matière de prévention (scénarios "minidéchets" ou "maxidéchets") ont été définis:
- 1 chariot des produits les plus achetés ramené à la consommation d’un ménage moyen (2,3 personnes selon l’INSEE)
- 2 chariots générant le maximum de déchets pour des foyers de 1 et 4 personnes
- 2 chariots générant le minimum de déchets pour des foyers de 1 et 4 personnes
Une grille hiérarchique déterminait les critères retenus pour les produits "minidéchets": produit réutilisable, absence d’emballages, éco-recharge, grande contenance, recyclabilité des emballages selon les consignes de tri et enfin poids des emballages.
Les résultats sont sans appel: si la réduction des déchets est évidente, il en va de même pour les coûts des achats:
- Pour une personne: le chariot minidéchets économise 74 euros par mois par rapport au maxidéchets et 50 kg de déchets en moins par an (chariot maxidéchets une personne = 100 kg/an)
- Pour quatre personne: le chariot minidéchets économise 167 euros par mois par rapport au maxidéchets et 188 kg de déchets en moins par an (chariot maxidéchets 4 personnes = 391 kg/an)
Rappelons que chaque français (et non pas chaque ménage...) produit 353 kg d'ordures ménagères par an (hors encombrants - sources: Ademe)
Moralité: vous finissez TOUJOURS par PAYER l'emballage! Et rappelez-vous, les déchets générés coûtent très chers à la collectivité, donc aux contribuables... c'est à dire vous.
Sources:
- "Tableau de bord: Prévention de la production de déchets - Bilan 2006", document en .pdf, Ademe (juin 2007)
- "France: les déchets en chiffres", Ademe (juin 2007)
12:40 Publié dans Alimentation, Déchets, Emballage, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : environnement, développement durable, déchet, emballage, consommation
mardi, 22 mai 2007
Cette agriculture qui préfère l'alcool plutôt qu'éradiquer la faim dans le monde...
Si le tabac a de moins en moins bonne presse, je suis persuadée que nombre d'entre vous - pourtant sensibles à l'environnement - salivent encore au souvenir d'un bon petit bordeaux, bourgogne ou vieux cognac... Qui peut se vanter de n'avoir jamais bu un verre d'alcool ni fumé une cigarette (voire autre chose)? Voilà comment au moins 1.5% (sans doute plus) de la surface totale de terres agricoles dans le monde n'est pas utilisé à des fins alimentaires mais au plaisir des papilles.
Pourtant, difficile de trouver la moindre étude sur cet enjeu. Il est plus facile d'inciter les citoyens à limiter leur consommation de viande, pointant du doigt les hectares nécessaires à l'élevage et la pollution engendrée. Certes, c'est justifié (pensez aux terres cultivées consacrées uniquement à l'alimentation des animaux...). Mais cela faisait un moment que je cherchais à savoir quelle proportion de terres agricoles était condamnée à satisfaire un simple plaisir gustatif (et pulmonaire), plutôt que tâcher de limiter la faim dans le monde.
La surface de terres arables et cultivées permanentes est estimée à 1540,6 milliards d'hectares dans le monde (sources FAO/Quid). D'après le Quid, 7,320 millions d'ha sont destinés à la culture du raisin pour le vin, 3,981 millions d'ha pour le tabac et 63 milliers pour le houblon (bière). Reste l'ensemble des spiritueux (ex. Whisky, Gin, Vodka, Rhum...) et les autres cultures non licites (marijuana, cocaïne, héroïne...) dont je n'ai pas trouvé de surfaces.
Cependant, le cabinet International Wine and Spirit Record (IWSR) a réalisé récemment une étude sur le marché mondial du vin, indiquant que la consommation mondiale de vins atteignait près de 22,8 milliards de litres en 2005 et celle des spiritueux, près de 19,6 milliards de litres.
En extrapolant le ratio surface cultivée/production en litre du vin pour fournir une (vague) approximation des surfaces cultivées consacrées aux spiritueux, on obtient environ 6 millions d'hectares pour ces derniers. Ajoutés aux cultures de tabac, de vin et de bière, on obtient donc un total de 1,15% de terres arables et cultivées "condamnées" au plaisir. Mais il faut ajouter les diverses drogues, les alcools locaux probablement non répertoriés sur le marché mondial. Je tablerais donc plus sur 1,5%... au minimum.
Certains me diront que ce n'est pas énorme... mais si vous déteniez 1% des bénéfices nets de Microsoft, vous ne diriez plus "bah, c'est rien...", du haut de vos 91 millions d'euros! 1%, à grande échelle, c'est important. De plus, l'étude du IWSR estime que jusqu’en 2010, la consommation de vin dans le monde devrait progresser de 1 % par an. Ce pourcentage de terres occupées risquent donc d'augmenter.
Enfin, cerise sur le gâteau, l'Inde est le 3ème pays producteur de tabac après la Chine et le Brésil, avec 438 milliers d'hectares destinés au tabac. Or, c'est bien connu, personne ne souffre de la faim en Inde...
Alors la prochaine fois que vous voudrez arroser un évènement, réfléchissez-y!
Sources:
- Agriculture - Comparaisons: Quid (citant les chiffres de la FAO)
- Statistical Yearbook 2005-2006, FAO
- Statistiques sur le vin, Quid
- Statistiques sur le tabac, Quid
- Statistiques sur la bière, Quid
- "Conjoncture internationale - La nouvelle embellie du vin", Agriculture Information (30 janvier 2007)
13:05 Publié dans Agriculture, Alimentation, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, alimentation, politique
jeudi, 26 avril 2007
De l'importance de la biodiversité dans notre vie quotidienne
Le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable vient récemment de publier un petit ouvrage intitulé "La biodiversité à travers des exemples" particulièrement sympathique.
Ce livret (un peu plus de 100 pages tout de même) a été écrit à la demande de la Ministre Nelly OLIN par les 25 membres du CSPNB (Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité). Son objectif est de (dé)montrer l'importance de la biodiversité dans notre quotidien et les enjeux de sa conservation au travers d'une soixantaine d'exemples.
Prenez conscience que notre nourriture, notre eau, l'air que nous respirons, notre énergie (pétrole, gaz naturel, bois...), notre santé (10 des 25 médicaments les plus vendus aux Etats-Unis sont dérivés de sources naturelles), nos habits (coton, laine...), nos bâtiments (calcaire, ciment, cyanobactéries préhistoriques oxydant le fer et créant les gisements à l’origine de l’acier d’aujourd’hui...) et nos loisirs (randonnée, escalade...) dépendent de la biodiversité. Même le plastique est dérivé du pétrole...
Vous pouvez lire le livret en ligne (pages html) sur la page de présentation ou télécharger les documents (fichiers pdf), partie par partie:
Excellente lecture à tous!
PS: je vous conseille d'enregistrer les fichiers sans les ouvrir au préalable (c'est beaucoup plus rapide). Pour cela, faites un clic droit sur chacun des liens et sélectionnez "enregistrer la cible sous").
11:55 Publié dans Agriculture, Alimentation, Biodiversité, Construction, Enseignants, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : environnement, biodiversité, éducation, nature
mardi, 20 mars 2007
Les fraises, nouvelle menace des parcs naturels?
Les allergiques à la fraise espagnole, plus enclins à défendre les produits français, vont être heureux. Le WWF vient en effet de lancer un cri d'alarme à l'égard des consommateurs et des distributeurs concernant la vente de fraises espagnoles qui sont en train de détruire des espaces naturels ibériques parmi les plus importants d'Espagne (et d'Europe).
En effet, les zones humides du Parc National de Coto Donana dans le sud du pays s'assèchent, l'eau servant à irriguer en partie les fraises sur 5000 hectares, soit 95% de la production nationale. Pourtant, le parc est classé patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1984. Situé en Andalousie, il présente un ensemble d'écosystèmes remarquables (lagunes, marais, dunes fixes et mobiles, buissons et maquis) qui en fait un des sites de prédilection pour des oiseaux menacés. Plus de 500.000 oiseaux d'eau hivernent dans le Parc.
Mais cela ne semble avoir eu aucun effet sur les plantations de fraises... dont 40 % des surfaces seraient cultivées illégalement (plus d’une centaine d’hectares empiètent sur des espaces protégés). L'irrigation provient massivement de forages dont 50 % sont non déclarés, ce qui réduit considérablement (environ 50%) l'alimentation des zones humides alentours.
Cerise (fraise?) sur le gâteau, l'importation de toutes ces fraises génère près de 4.500 tonnes de plastique chaque année dont la majeure partie des 300.000 tonnes produites alimentent nos étals français et ceux de nos voisins allemands. De surcroît, vous aurez remarqué que ces fruits sont apparus dès le mois de janvier dans les marchés. Or, même en supposant que le climat andalou est plus doux, de sacrées quantités de pesticides ont du être nécessaires pour la production de fruit en plein hiver, histoire de pouvoir acheter des fraises de janvier à avril (voir l'article du blog "Semaine sans pesticide")...
Au final, le bilan environnemental est catastrophique: kilo de pesticides inutiles, eau pompée, parc menacée, forages illégaux et surplus de plastique pour protéger des fruits très fragile sur des distances importantes...
Bien que l'article de la BBC indique qu'un porte-parole de Carrefour Espagne affirme se fournir en fraises provenant du seul fournisseur dont les méthodes de production sont suivies et respectent les standards Européens, quelque chose me dit qu'il n'en est rien côté français (et encore me faudrait-il croire ce porte-parole...).
Moralité: attendez le mois de MAI avant d'acheter des fraises, ce n'est pas encore la saison! Goûtez plutôt à des variétés anciennes de pommes et surtout, surtout, évitez les fruits qui ont du parcourir 13.000 km pour atteindre votre assiette...
Sources:
- Fiche des sites inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco: Parc National de Doñana
- "Call for Spain strawberry boycott", BBC (16 mars 2007)
- "Acheter des fraises hors saisons favorise la destruction du milieu naturel espagnol", Notre-Planète.info (17 mars 2007)
22:59 Publié dans Agriculture, Alimentation, Eau, Emballage, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, alimentation, énergie
vendredi, 16 mars 2007
3,3 millions de tonnes de nourriture par an à la poubelle…
L’Agence gouvernementale Britannique WRAP (Waste & Resources Action Programme – Programme d’Action Déchets & Resources) vient de publier aujourd’hui les résultats de son enquête indiquant que le Royaume Uni jette 6,7 millions de tonnes de nourriture chaque année, soit un tiers de celle achetée (et sans doute, autant en France...). La moitié (soit 3,3 millions de tonnes) est de la nourriture "consommable" (du moins, l’était). Le reste comprend les épluchures, les os et autres déchets alimentaires.
Ces 3,3 millions de tonnes (55 kg par anglais et par an) de nourriture consommable représentent plus de 25% des dépenses (sans doute a-t-on plus tendance à jeter des légumes pourris que de la viande, plus chère). Pourtant, 1/5 ème des émissions de carbone proviennent de la production, de la transformation, du transport et de la conservation des aliments. A cela s’ajoute le fait que la plupart de ces aliments partent dans les décharges et se transforment en gaz à effet de serre, alors qu'une bonne partie pourrait être compostée (voir article du blog sur le compost).
Comment éviter ce gâchis ?
- Vérifiez régulièrement le contenu de votre frigo (maintenu à bonne température) et de vos placards (surtout avant de faire vos courses)
- N’achetez pas en trop grosses quantités (à quoi bon acheter un produit moins cher au kilo car vendu en gros si vous n’en consommez finalement que le tiers ?)
- Achetez des produits de qualité car, même s’ils sont plus chers comme des fruits ou des légumes, ils tiendront beaucoup plus longtemps, vous n’aurez pas de perte contrairement aux fraises bradées pourrissant en 12h… C’est d’autant plus valable pour des produits issus de l’agriculture biologique qui n’ont pas été poussés/ gonflés/ mûris artificiellement. Ainsi, vous observerez que des bonnes pêches ou des pommes se flétrissent en vieillissant mais ne moisissent pas, contrairement à la plupart des fruits que l’on trouve actuellement sur les marchés.
- Tâchez de cuisiner à la juste quantité pour ne pas avoir de restes ou pour bénéficier d’un second repas (mais ne l’oubliez pas !).
- Privilégiez les petites portions dans votre assiette : mieux vaut se resservir plutôt que de devoir jeter des aliments qui ne se conserveraient plus parce que vous avez bavé dessus…
Les temps ont bien changé depuis nos (grands-)parents qui ont connu des guerres… Il y a encore un demi siècle, gâcher de la nourriture était quasiment un crime. Pourquoi un tel changement d’attitude face à l’omniprésence d’SDF ou de reportages sur la famine à quelques milliers de kilomètre de chez nous ?
Et si la faim ne vous motive pas, alors pensez aux millions de litres d’essence, de kW d’électricité, de pesticides, de labeur, d’eau que les aliments ont nécessité pour parvenir jusqu’à vous… et le prix à payer – le prix que vous, contribuable, payez au gouvernement pour assainir l’eau, pour financer l’agriculture, pour construire les réseaux énergétiques nécessaires… Tout ceci a un prix qui s’additionne au coût de vos achats volatilisés à la poubelle...
La prochaine fois que vous jetterez votre semoule qui sent le vieux, votre pomme moisie ou le morceau de poulet de la semaine dernière, pensez-y… et ne recommencez plus !
Sources:
- "Homes waste 3.3m tonnes of food", BBC (16 mars 2007)
- "New WRAP Research Reveals Extent of Food Waste in the UK", WRAP (16 mars 2007)
20:00 Publié dans Agriculture, Alimentation, Déchets, Education citoyenne, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : environnement, déchets, alimentation, économie
vendredi, 29 décembre 2006
Envie de foie gras pour le réveillon?
Avec les fêtes et la profusion de foie gras dans les étals, les polémiques autour du gavage font rage, surtout quand certaines villes des Etats-Unis se mettent à interdire notre - ô scandale - foie gras frenchy... Alors les éleveurs sont interviewés pour nous expliquer que certains utilisent des techniques favorisant la production naturelle de gras des oiseaux en prévision de migrations.
Or, non seulement il n'y a aucune migration, mais les espèces utilisées sont issues de croisements et ont perdu tout caractère migratoire. Enfin, migration ou non, jamais la graisse ne s'est accumulée au niveau des viscères (dont le foie), mais à la surface de la peau (notamment la poitrine). Pensez ainsi aux animaux tels que les phoques ou les manchots bien dodus pour lutter contre le froid, un foie malade ne leur servirait strictement à rien, au contraire...
Mais certains d'entre vous aiment tellement le foie gras qu'ils préfèrent fermer les yeux, une réaction compréhensible tant nos vies d'êtres humains se sont habituées à la cruauté et la violence. Entre un JT à 20h et la tente abritant des SDF sur le trottoir d'en face, le gavage de canard semble bien loin de nous.
Pourtant, je vous invite à regarder la petite vidéo ci-dessous, produite par Stopgavage, qui a lancé un manifeste pour l'abolition du foie gras (pour voir la vidéo en grand format, c'est par ici).
Désolée pour les ex-amoureux de foie gras qui vont dorénavant me détester... Mais vous savez, les huîtres et les escargots sont bons aussi (ne vous plaignez pas trop, je vous ai déjà épargné Noël...).
Pour plus d'infos:
- Site officiel du manifeste "Stop gavage", lancé par la PMAF (Protection Mondiale des Animaux de Ferme)
- Résultats de recherches: Production de foie gras, gavage et bien-être - INRA, Centre de Tours (article mis en ligne le 7 avril 2005)
- "Comment estimer le bien-être d'un animal", INRA Tours (12 juillet 2006)
23:35 Publié dans Alimentation, Gouvernance, Particuliers, Santé, bien-être | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, alimentation, politique, gavage
lundi, 27 novembre 2006
1 kg de crevettes qui en pèse 20 kg
La semaine dernière, les ministres européens de la Pêche ont une fois de plus balayé les propositions de réduction des quotas de la Commission Européenne pour les poissons d'eaux profondes, passant des 35% de réduction préconisés à 20, voire 15% selon les espèces dont certaines sont pourtant menacées d'extinction (lingue bleue, grenadier de roche, hoplostète orange, requin...). Comme d’habitude, la France a brillé par ses caprices en tant que première flotte de navire de pêche en eaux profondes de l'Union Européenne, avançant que 3.000 emplois seraient menacés si la proposition de la Commission était acceptée... Quant aux milliers d’emplois perdus quand les mers seront vides, silence absolu.
Mais au fait, dès lors que les pratiques de pêche sont décriées, on parle systématiquement de poisson. Savez vous cependant quelle pêche produit le plus de gâchis ?
Les crevettes. Pourquoi ? Parce que chaque kilo de crevettes attrapées entraîne jusqu’à 20 kg de poissons tués non intentionnellement (source : FAO). En effet, plus l’animal est petit, plus les mailles des filets doivent être resserrées. Et croyez vous que le poisson ainsi tué est conservé ? Non, il est rejeté. Oh, certes… il servira de nourriture à quelques charognards marins… mais l’essentiel part en poussière… Parce que nos palais sensibles ont leurs préférences et surtout… leurs habitudes. Pensez vous franchement que les adeptes de fish nuggets enrobés d’énormes panures et imbibées de ketchup feraient la différence ?
Mais non. Pas question de recourir à un mélange de petits poissons tués pour un résultat semblable. Il faut de colin (ou de lieu, c’est pareil). Les mélanges, ça fait penser aux déchets, ou ces restes qu’on met dans les boîtes pour chats…
Alors quand j’entends parfois que les petits gestes ne suffisent pas à faire la différence, il suffit de réfléchir quelques secondes à l’impact que nos choix, nos goûts (comme les déforestations massives pour satisfaire nos exigences de bois rares), nos habitudes ont sur le monde. Car ce qui se passe parfois à l’autre bout du globe est le résultat d’un choix personnel et bien local, celui-là.
Sources
- "Accord à Bruxelles sur une réduction des quotas pour la pêche en eaux profondes", Yahoo actualités, 21 nov. 2006
- Site de la DG Pêche (Commission Européenne)
- "Shrimp trawlers look to cut waste", BBC News, 24 Novembre 2006
17:55 Publié dans Alimentation, Biodiversité, Déchets, Gouvernance | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : environnement, pêche, poisson, politique, biodiversité
vendredi, 01 septembre 2006
Des cartes pour connaître les sites natures, les boutiques bio...
La FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature) vient d'éditer la première carte verte de France, celle de Villeurbanne. Ces cartes permettent de visualiser l'intégralité des sites nature et environnement, des initiatives écolo, les modes de transports alternatifs à la voiture, les services et produits bio ou écologiques, les associations… . Vous obtiendrez non seulement les adresses, mais également les horaires d'ouverture, les types de services offerts, les sites Internet...
Une aubaine pour tous les écocitoyens, mais également tous ceux qui, tentés par une promenade tranquille dans un site au calme, finiront (on l'espère) par loucher sur les autres rubriques (boutiques, transports...) auxquelles ils ne songeraient pas d'emblée.
Notez au passage que la FRAPNA est officiellement agréée comme "faiseur de cartes" par le réseau international "Green Map", un réseau mondial comptant plus de 230 "cartes vertes" réparties dans 40 pays (230 projets sont également en cours dont, apparemment, Paris). Accédez aux cartes de Londres, Montréal, Tokyo...
Site officiel de la carte verte de Villeurbanne
Site officiel pour accéder aux cartes vertes mondiales du réseau Green Map.
13:20 Publié dans Activités de loisir, Agriculture, Alimentation, Biodiversité, Initiatives, Parcs / jardins | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : environnement, développement durable, transports, agriculture biologique, produits bio



























