jeudi, 13 septembre 2007
Moins d'emballage = économie pour les ménages
Beaucoup de français persistent à clamer que consommer "écolo" coûte plus cher. Pourtant, faire le choix de limiter les emballages dans ses achats (donc, réduire ses déchets) est déjà un geste écolo, respectueux de l'environnement et qui s'avère particulièrement économique pour le porte-monnaie!
En effet, l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) a récemment présenté les résultats d'une étude sur les déchets produits par les ménages au regard des achats effectués dans la grande distribution. L'analyse a porté sur 150 produits de consommation courante. Cinq chariots, représentatifs de plusieurs tailles de foyers (une et quatre personnes) et d’une consommation plus ou moins éco-reponsable en matière de prévention (scénarios "minidéchets" ou "maxidéchets") ont été définis:
- 1 chariot des produits les plus achetés ramené à la consommation d’un ménage moyen (2,3 personnes selon l’INSEE)
- 2 chariots générant le maximum de déchets pour des foyers de 1 et 4 personnes
- 2 chariots générant le minimum de déchets pour des foyers de 1 et 4 personnes
Une grille hiérarchique déterminait les critères retenus pour les produits "minidéchets": produit réutilisable, absence d’emballages, éco-recharge, grande contenance, recyclabilité des emballages selon les consignes de tri et enfin poids des emballages.
Les résultats sont sans appel: si la réduction des déchets est évidente, il en va de même pour les coûts des achats:
- Pour une personne: le chariot minidéchets économise 74 euros par mois par rapport au maxidéchets et 50 kg de déchets en moins par an (chariot maxidéchets une personne = 100 kg/an)
- Pour quatre personne: le chariot minidéchets économise 167 euros par mois par rapport au maxidéchets et 188 kg de déchets en moins par an (chariot maxidéchets 4 personnes = 391 kg/an)
Rappelons que chaque français (et non pas chaque ménage...) produit 353 kg d'ordures ménagères par an (hors encombrants - sources: Ademe)
Moralité: vous finissez TOUJOURS par PAYER l'emballage! Et rappelez-vous, les déchets générés coûtent très chers à la collectivité, donc aux contribuables... c'est à dire vous.
Sources:
- "Tableau de bord: Prévention de la production de déchets - Bilan 2006", document en .pdf, Ademe (juin 2007)
- "France: les déchets en chiffres", Ademe (juin 2007)
12:40 Publié dans Alimentation, Déchets, Emballage, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : environnement, développement durable, déchet, emballage, consommation
lundi, 11 juin 2007
La Camif et l'environnement: suite et fin?
Il y a 2 semaines, dans l'article "L'environnement selon la Camif: vive le plastique à gogo!", je râlais après la Camif, très agacée d'avoir reçu un catalogue non demandé et suremballé de plastique. J'en ai profité pour interpeller la société avec l'espoir qu'elle mette un terme à ce gâchi d'emballage. Voici leur réponse, envoyée jeudi dernier (j'ai tronqué les noms):
Madame,
Nous avons lu avec beaucoup d'intérêt votre message et l'article sur votre blog.
Nous adressons systématiquement un catalogue à nos nouveaux clients, afin de leur faire découvrir la largeur de notre sélection et bénéficier d'un support papier pour les aider dans leur choix. Force est de constater que bon nombre de clients nous ont fait part de leur souhait d'avoir accès à nos offres sur papier, même s'ils sont des internautes avérés.
Lorsqu'il ne nous est pas possible de joindre le catalogue au colis, nous l'envoyons à part, directement de nos entrepôts, dans des enveloppes papier kraft (les films en plastique "légers" sont réservés aux envois en nombre). Cependant, il peut arriver qu'il y ait des ruptures de stock.
Dans votre cas, c'est par souci de vous faire parvenir le catalogue au plus vite que la personne chargée de l'envoi a utilisé des sacs emballage réservés normalement aux produits. Pour information, nous avons pendant longtemps utilisé des sacs en papier pour l'envoi de nos petits colis, mais pour des raisons de sécurité et de solidité, nous avons du changer notre pratique.
Votre remarque sur "la communication environnementale poussée à son paroxisme" nous semble injustifiée. De notre point de vue, la Camif est plutôt transparente dans sa communication sur ce qu'elle fait. Le sujet de l'environnement ne fait pas l'objet d'une politique de communication spécifique, traitée par des sociétés extérieures. Ce sont les équipes internes qui travaillent sur la mise en oeuvre de la démarche environnementale de la Camif, à tous les niveaux, et dans les différents secteurs d'activité.
Nous espérons avoir éclairci les points d'interrogation que vous soulevez. Nous respectons votre position et vous remercions de l'attention que vous porterez à la notre.
Bien cordialement,
Pour Isabelle C., responsable de la Communication Externe et Interne
Suzette S.
J'ai plusieurs remarques à faire:
Certes, la Camif a fait des efforts en matière d'environnement (voir un aperçu), je le reconnais. Mais envoyer plus d'un kilo de papier automatiquement au vu du nombre de clients ruine une bonne partie des efforts entrepris! Si des internautes souhaitent réellement recevoir un catalogue, qu'ils cochent la case correspondante. Ce ne doit pas être une option par défaut voire absente. Or, avec un miminum d'explications, la Camif a parfaitement la capacité de convaincre nombre de clients commandant habituellement en ligne d'abandonner le catalogue en expliquant, par exemple, le nombre d'arbres épargnés ou en acceptant de reverser en échange une somme à une association. Voilà ce que je qualifierais de politique environnementale réussie: limitation du nombre de catalogues et envoi des publicités par mail (évitant les dizaines de papiers envoyés chaque année).
Quant à l'envoi du catalogue dans 2 plastiques noirs épais, ce serait du à une rupture de stock de papier kraft: mais pourquoi 2 plastiques? Est-ce une coïncidence malencontreuse si un autre internaute a connu exactement la même chose (cf. commentaires à l'article du blog cité ci-dessus)? Se pourrait-il que les dépôts de la Camif soit (trop?) régulièrement en rupture de kraft?
Donc, même si la société va dans le bon sens, force est de constater que des erreurs de base sont commises, aux impacts environnementaux élevés. Or, il faut être cohérent: si on labellise des meubles issus de forêts gérées durablement (label FSC) et que, par derrière, on gâche des tonnes de papier - même recyclé (processus nécessitant encore beaucoup d'énergie), le bienfait de la politique environnementale chute!
Je pose donc la question à la Camif: dans le cadre de votre démarche en faveur de l'environnement, pourriez vous envisager:
- L'adoption d'un système d'envoi de catalogue uniquement après demande du client
- L'envoi de publicités par mail après validation du client plutôt qu'au format papier
- Le reversement d'une somme d'argent à une association en échange du choix du client de ne pas recevoir le catalogue papier
Je propose à la Camif de répondre directement dans les commentaires, tout comme les lecteurs désireux de formuler d'autres remarques ou suggestions.
18:35 Publié dans Biens d'équipement, Emballage, Entreprises, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : environnement, politique, entreprise, développement durable
jeudi, 31 mai 2007
L'environnement selon la Camif: vive le plastique à gogo!
J'ai récemment passé un commande sur la Camif, la seule à me proposer un meuble aux dimensions voulues... Quelle ne fut pas ma surprise quand, quelques jours plus tard, je reçois un paquet plastifié contenant... un gros catalogue papier de 1,135 kg jamais demandé (pourquoi gâcher du papier quand on peut accéder à l'ensemble du catalogue en ligne???).
Déjà assez énervée de se voir ainsi imposer ce pavé (avais-je omis de décocher la case fatale cochée par défaut "désirez vous le catalogue?"), je fus outrée par l'emballage:

D'habitude, les catalogues sont envoyés emballés d'un fin film plastique de quelques grammes. Mais alors là!!!! Pas moins de DEUX sacs en plastique épais opaques (noirs à l'intérieur, blancs à l'extérieur) emballaient le catalogue. Poids total: 50 g.
Imaginez. 100 commandes = 100 catalogues = 5 kg de plastique... J'ignore le nombre de catalogues envoyés aux clients, mais j'imagine que cela se compte en plusieurs dizaines de milliers, soit des centaines de kilos de plastique totalement inutiles puisque n'importe quel catalogue de ce genre peut être envoyé dans un simple film plastique de quelques grammes.
Cerise sur le gâteau, voilà un extrait de la politique environnementale de la Camif: "Depuis ses origines, la CAMIF intègre la dimension environnementale dans ses valeurs. (...) Elle agit avant tout au sein de ses sélections produits. (...) Elle est la seule entreprise en France à distribuer uniquement des produits économes en énergie (...). Dans ses catalogues le Label Planète permet de les repérer. (...) En interne, des mesures ont été mises en place pour la préservation de l'environnement et le recyclage".
Attention, la communication environnementale poussée à son paroxisme sans en appliquer le fondement même des principes a ses limites... Les consommateurs ne sont plus aussi dupes et quand un blog comme celui-ci se met à râler, des milliers de clients potentiels sont touchés... Et comme je compte sur mes lecteurs pour relayer le message...
Evidemment, si des groupes comme la Camif s'attachaient à s'entourer d'experts en développement durable dignes de ce nom, ces erreurs grossières n'existeraient pas. J'ignore comment la société procède mais bien souvent, les grands groupes commanditent des agences de com' n'y connaissant rien et des cabinets de management environnemental... (généralement après avoir muté un cadre en interne "Responsable Développement Durable").
Or, quand on voit les erreurs qu'ils laissent passer... entre l'image de marque de la Camif ainsi diffusée (= 2 gros sacs opaques) et le coût (50 g de plastique par catalogue au lieu de quelques grammes pèsent lourd sur la facture!!!), l'incompétence coûte cher... Voilà ce qui arrive quand on ne fait que du management environnemental pur et dur (qui repose largement sur le respect de normes: ISO, labels...) sans une solide compréhension des enjeux environnementaux, de leurs intéractions, des impacts potentiels et des coûts inhérents. Coup de gueule? Oui, parce que ce schéma se retrouve constamment et cela m'exaspère...
J'écris de ce pas à la Camif avec un lien vers cet article pour leur offrir un droit de réponse. Ils me trouveront peut-être un peu dure, mais cet article est avant tout une invitation à réagir... et rectifier le tir! Et s'ils veulent des conseils, je suis prête à leur en donner!
[11 juin 2007: la Camif a répondu: voir l'article du blog "la Camif et l'environnement - suite et fin?"]
11:15 Publié dans Activités de loisir, Biens d'équipement, Déchets, Emballage, Entreprises | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : environnement, déchets, emballage, entreprise, politique
mardi, 20 mars 2007
Les fraises, nouvelle menace des parcs naturels?
Les allergiques à la fraise espagnole, plus enclins à défendre les produits français, vont être heureux. Le WWF vient en effet de lancer un cri d'alarme à l'égard des consommateurs et des distributeurs concernant la vente de fraises espagnoles qui sont en train de détruire des espaces naturels ibériques parmi les plus importants d'Espagne (et d'Europe).
En effet, les zones humides du Parc National de Coto Donana dans le sud du pays s'assèchent, l'eau servant à irriguer en partie les fraises sur 5000 hectares, soit 95% de la production nationale. Pourtant, le parc est classé patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1984. Situé en Andalousie, il présente un ensemble d'écosystèmes remarquables (lagunes, marais, dunes fixes et mobiles, buissons et maquis) qui en fait un des sites de prédilection pour des oiseaux menacés. Plus de 500.000 oiseaux d'eau hivernent dans le Parc.
Mais cela ne semble avoir eu aucun effet sur les plantations de fraises... dont 40 % des surfaces seraient cultivées illégalement (plus d’une centaine d’hectares empiètent sur des espaces protégés). L'irrigation provient massivement de forages dont 50 % sont non déclarés, ce qui réduit considérablement (environ 50%) l'alimentation des zones humides alentours.
Cerise (fraise?) sur le gâteau, l'importation de toutes ces fraises génère près de 4.500 tonnes de plastique chaque année dont la majeure partie des 300.000 tonnes produites alimentent nos étals français et ceux de nos voisins allemands. De surcroît, vous aurez remarqué que ces fruits sont apparus dès le mois de janvier dans les marchés. Or, même en supposant que le climat andalou est plus doux, de sacrées quantités de pesticides ont du être nécessaires pour la production de fruit en plein hiver, histoire de pouvoir acheter des fraises de janvier à avril (voir l'article du blog "Semaine sans pesticide")...
Au final, le bilan environnemental est catastrophique: kilo de pesticides inutiles, eau pompée, parc menacée, forages illégaux et surplus de plastique pour protéger des fruits très fragile sur des distances importantes...
Bien que l'article de la BBC indique qu'un porte-parole de Carrefour Espagne affirme se fournir en fraises provenant du seul fournisseur dont les méthodes de production sont suivies et respectent les standards Européens, quelque chose me dit qu'il n'en est rien côté français (et encore me faudrait-il croire ce porte-parole...).
Moralité: attendez le mois de MAI avant d'acheter des fraises, ce n'est pas encore la saison! Goûtez plutôt à des variétés anciennes de pommes et surtout, surtout, évitez les fruits qui ont du parcourir 13.000 km pour atteindre votre assiette...
Sources:
- Fiche des sites inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco: Parc National de Doñana
- "Call for Spain strawberry boycott", BBC (16 mars 2007)
- "Acheter des fraises hors saisons favorise la destruction du milieu naturel espagnol", Notre-Planète.info (17 mars 2007)
22:59 Publié dans Agriculture, Alimentation, Eau, Emballage, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, alimentation, énergie
lundi, 15 janvier 2007
Qui dit mieux... pour recycler le plastique?
Imaginez des sacs et des lambeaux de plastique jonchant votre environnement, s'accrochant aux branches des arbres, aux barrières, voletant autour de petits monticules d'ordures? Malheureusement, pas de collecte de plastique, pas de bacs jaunes ou de recyclage officiel. Et pourtant...
C’est en 1980 au Bénin que Grâce DOTOU-ABOH crée l’ONG "Qui dit mieux ?", une troupe de théâtre constituée uniquement de femmes, permettant à celles mariées de jouer sans s’attirer les foudres de leur mari. C’était également un formidable outil de sensibilisation dans tout le pays.
A partir du milieu des années 1990, Grâce Dotou décida d’orienter plus précisément le travail de l’association vers les thèmes de la santé et de l’environnement. L’ONG s’est alors lancé dans la sensibilisation des femmes à l’importance de replanter le bois utilisé quotidiennement dans leur cuisine.
Cependant, en voyant l’accumulation de sacs plastiques jonchant les rues de sa ville, la fondatrice eu l’idée de tisser des objets à partir de sachets collectés, lavés et désinfectés. De simples bandes en plastique sont nés des sacs, des poupées, des napperons… et même des vêtements (1ère photo où Grâce porte un ensemble vert en plastique)! Parallèlement, les enseignants et les femmes sont sensibilisés pour les inciter à réduire leur utilisation de sachets plastiques.
A présent, l’ONG compte 20 membres, dont cinq permanentes qui fabriquent les objets en plastique. En fonction des commandes (vente des produits à l’étranger ou au Ministère de l’Environnement), l’association peut avoir à recruter quelque 25 femmes pour le ramassage, 40 pour le lavage et jusqu’à 50 pour le tissage.
Malgré un manque de soutien (l'ONG peine à vendre ses produits en Afrique et ne reçoit aucune aide), les efforts de Grâce Dotou ont été récompensés en 2002, ayant reçu le Prix des Nations Unies pour la Réduction de la Pauvreté et la Protection de l’Environnement.
Pour plus d'infos:
- Site "Courants de Femme" (femmes et initiatives locales de développement) présentant l'ONG "Qui dit mieux?"
- Reportage dans l'émission "Reflets Sud" du samedi 13 janvier 2007 sur TV5 (dont les photos sont extraites)
Mise à jour du 20 avril:
Il existe à présent un site web pour découvrir l'ONG: www.ongquiditmieux.org
13:05 Publié dans Déchets, Emballage, Initiatives | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : environnement, recyclage, plastique, déchets
mercredi, 23 août 2006
Une collecte des déchets plus écolo ?
Réduire les déchets est essentiel… mais quand chaque matin, je dois précipitamment fermer mes fenêtres pour éviter les subtils parfums dégagés par les pots d’échappement des bennes à ordure, je me réjouis de cette nouvelle initiative : la SITA, une des principales entreprises de collecte de déchets en France vient de lancer un site internet pour calculer l’empreinte écologique (*) de la collecte des déchets ménagers.
En effet, nos ordures engendrent de nombreuses pollutions (d’où le besoin de réduire leur quantité et de les recycler au maximum)… mais leur collecte pèse également sur l’environnement : va-et-vient de bennes tout au long de la semaine (notamment en zone urbanisée), récupération dans les décharges, objets encombrants… Or, les véhicules électriques ou fonctionnant au biocarburant sont encore beaucoup trop rares et ce blog vous a maintes fois répété qu’une conduite consistant à démarrer, freiner, redémarrer brusquement est extrêmement polluante.
Il est grand temps que les pouvoirs publics montrent l’exemple et le site de la SITA vise à accompagner les collectivités locales en ce sens. En rentrant de nombreuses données (fréquence de passage, kilométrage parcouru, nombre de camions, carburant utilisé, type de poubelles…), elles obtiennent l’empreinte écologique de leurs collectes, donnée en hectares par habitant.

Les élus disposent ensuite de nombreux conseils et la possibilité de tester différents scénarios pour réduire cette empreinte. Ainsi, La Roche-sur-Yon a calculé que passer d’une collecte bihebdomadaire à une collecte hebdomadaire ferait passer son empreinte de 267 à 192 ha, c’est à dire de 31,6 à 22,7 m²/hab.
Parlez-en à votre mairie !
(*) L’empreinte écologique consiste à évaluer la pression environnementale exercée par l’ensemble des activités humaines (ou un secteur particulier). Elle est calculée en prenant en compte les surfaces nécessaires à la production de chacun des matériaux et services fournis par les écosystèmes et entrant en ligne de compte dans ces activités. Cette valeur est ensuite donnée en nombre d’hectares par habitant (voir la rubrique du blog "testez vous" dans la colonne de droite).
11:31 Publié dans Déchets, Emballage, Energie, Gouvernance, Transport | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : environnement, transports, déchets, collectivités locales, empreinte écologique
mercredi, 21 juin 2006
Un petit bout de carton de 3500 t pour emballer une pâte à tarte!
Si ce blog insiste autant sur le rôle de chaque individu pour préserver son environnement et surtout, l'importance de chacun des gestes (et des choix) que nous sommes amenés à faire dans notre quotidien, c'est parce qu'aussi insignifiants qu'ils paraissent, tous petits changements peuvent conduire à de GROS impacts.
Quand vous coupez l'eau du robinet pendant 5 minutes chaque jour, vous économisez au bas mot 12.775 litres d'eau par an (voire beaucoup plus selon les robinets)... soit tout de même près de 13 m3. Je rappelle que nous sommes 62.702.000 français (selon l'INSEE). Je vous épargne le calcul, cela donne 0,815 milliard de m3 d'eau économisés par an...
Pas encore convaincu? Pierre Frisch, le Directeur environnement du groupe Auchan a récemment rapporté que des travaux menés sur les produits de leurs marques ont ainsi permis d'économiser 3.500 tonnes d’emballages, en enlevant une simple cartonnette dans l’emballage d’une pâte à tarte !
Pourtant, je rappelle que 627 millions de tonnes de déchets ont été produits en 2002 en France :
- 375 millions de tonnes provenant de l'agriculture et de la sylviculture (exploitation forestière)
- 106 millions de tonnes produites par les entreprises
- 100 millions de tonnes provenant des mines, carrières et BTP
- 31,4 millions de tonnes des ménages (dont 21.9 t d'ordures ménagères, le reste étant les encombrants et les déchets verts)
- 14 millions de tonnes provenant des collectivités
- 0,2 millions de tonnes des activités de soins
Chaque Français a ainsi produit 360 kg de déchets d'ordures ménagères, une production annuelle qui a doublé en 40 ans. Mais attention!!! Ce chiffre cache une réalité: quand des entreprises produisent des déchets, c'est pour manufacturer des produits que nous utilisons, quand un agriculteur produit des déchets, c'est pour nous nourrir, quand un carrier produit des déchets, c'est pour construire nos bâtiments et nos routes... Il n'y a finalement qu'un infime quantité de déchets produits qui n'aient pas comme finalité les consommateurs que nous sommes. Il est donc bien naïf de s'imaginer que nous ne représentons que 360 kg.
Ma barquette que je vais jeter a forcément nécessité quelques grammes de déchets... Idem pour mon paquet de céréales ou de lessive... Au final, la totalité des déchets en France représente 9.500 tonnes de déchets par tête...
Il est donc fondamental de réduire ses déchets à la source... en les évitant!
Plus d'infos:
- "Les déchets en France - chiffres clés", ADEME (Sept. 2005). En cliquant sur ce lien de l'Ademe, une boîte de dialogue s'ouvrira directement vous proposant d'ouvrir ou d'enregistrer ce document en .pdf
- N'oubliez pas la rubrique "déchets" de ce blog!
12:26 Publié dans Déchets, Education citoyenne, Emballage, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : déchets, environnement, ordures, emballage, packaging, geste environnement
jeudi, 05 janvier 2006
Résolution n°2
ACHETER INTELLIGEMMENT
S'il est primordial de réduire sa consommation pour freiner la dégradation de l'environnement, certains achats demeurent néanmoins nécessaires: alimentation, vêtements, réfrigérateur, chauffage...
Une fois encore, nos choix de consommateurs peuvent considérablement influer sur l'environnement: toxicité des produits ou de leur processus de fabrication, utilisation de matériaux recyclés, respect des normes environnementales, coûts énergétiques engendrés par la fabrication, la commercialisation et l'utilisation des produits, etc.
Dans ce cadre, plusieurs solutions sont offertes aux consommateurs soucieux de limiter leurs impacts environnementaux:
- Présence d'étiquettes énergie (sur l'électroménager, entre autre - lire article du blog sur les étiquettes énergie)
- Produits labellisés (ex. FSC, NF environnement - voir la catégorie du blog "labels")
- Privilégier les produits locaux (limitation des coûts énergétiques de transports)
- Privilégier les produits utilisant des matériaux recyclés (comme le papier, l'aluminium, certaines fibres textiles...)
- Privilégier les produits issus de l'agriculture biologique (non importés)
- Bannir les minidoses emballées individuellement (lire l'article du blog "dosette ou lingette?")
- Etc. Je vous invite à parcourir ce blog pour trouver des informations et vous aider dans vos achats
Orienter ainsi ses choix a un effet double :
- L'impact environnemental de votre mode de consommation est réduit. Ce résultat, multiplié par autant de consommateurs faisant les mêmes efforts, peut conduire à une réelle amélioration de notre cadre de vie
- Un nombre toujours plus élevé de consommateurs exigeant des produits plus respectueux de l'environnement influence les industriels qui, certes, cherchent le profit... mais pour cela, encore faut-il satisfaire la demande. Et qui gouverne la demande? Les consommateurs. Vous. Moi. Nous...
11:35 Publié dans Alimentation, Biens d'équipement, Education citoyenne, Emballage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 25 octobre 2005
Réduisons vite nos déchets, ça déborde !
Notre Ministère de l’Ecologie français (le Medd pour les intimes) vient de lancer officiellement une campagne d’information pour lutter contre les déchets. Rappelons que pas moins de 360 kg d’ordures ménagères sont produites par habitant et par an. Or, si 20% font l’objet d’un recyclage ou d’une revalorisation, 80% (= 290 kg) sont enfouis ou incinérés. Il faut donc réduire la production de déchets et développer le recyclage.
L’objectif du Ministère est de réduire la production d’ordures ménagères par habitant et par an à 250 kg d’ici 5 ans, et moins de 200 kg dans 10 ans. Vous avez dit réduire? Rien de plus facile ! En plus des pistes que ce blog vous a déjà fournies (voir notamment les rubriques Déchets, Emballage, Papier…), l’ADEME, qui participe pleinement à la campagne, nous rappelle quelques gestes essentiels. Voilà donc un petit mémo des gestes à adopter :
- Imprimez au bureau comme à la maison seulement si nécessaire, en recto verso et sur du papier recyclé (lire article "Imprimer ses emails"). Pour mémoire, un employé de bureau jette environ 80 kg de papier par an.
- Buvez plutôt l'eau du robinet, propre à la consommation dans la majeure partie du territoire (et merci les économies…).
- Evitez les produits à usage unique ou les doses/portions individuelles (ex. lingettes de ménage générant 3 à 6 fois plus de déchets pour un coup 15 fois supérieur au balai, voir article "Dosette ou lingette") et favorisez les produits au détail, en vrac ou les éco-recharges. Les emballages représentent 1/4 du poids de nos ordures ménagères et une grande partie du volume de nos poubelles.
- Consommez rapidement les produits dont la date de péremption est proche (en dehors des déchets engendrés, le gâchis généré pose un problème moral) et achetez la quantité juste de produits dont vous avez besoin.
- Préférez les sacs réutilisables pour faire vos courses (lire article "Equipez vous d’un sac réutilisable pour votre shopping"). Les sacs jetables représentent près de 70.000 tonnes de plastique par an et pourtant ils ne sont utilisés en moyenne que 20 minutes avant d'être jetés. Ils polluent la nature et tuent la faune marine (tortues de mer, dauphins et requins qui les confondent avec des méduses et les avalent).
- Collez l’autocollant "STOP PUB" sur votre boîte aux lettres (lire article "Refusez la publicité !"). Evitez ainsi 40 kg de prospectus par an. Si 5 % de la population appose cet autocollant et qu'il est respecté, ce sont plus de 40.000 tonnes de papier d’économisé chaque année (presque 5 fois le poids de la Tour Eiffel) !
- Economisez les piles, utilisez des piles rechargeables ou branchez vos petits appareils sur le secteur.
- Choisissez des produits avec les labels environnements. Plusieurs centaines de produits (cahiers scolaires, sacs poubelles, produits ménagers, filtres à café …) sont déjà référencées (voir la rubrique "Labels" de ce blog).
- Fabriquez votre compost, si vous avez un jardin. Vous obtiendrez un excellent terreau en réduisant vos déchets ménagers.
- Utilisez les collectes spéciales pour les produits dangereux et le gros équipement (Produits chimiques de bricolage ou d'entretien, piles, néons, TV, réfrigérateur…). 13 à 15kg d'équipements électriques ou électroniques sont jetés par habitant et par an, alors qu’ils contiennent souvent des produits nocifs (plomb, mercure…). Or, la majorité pourrait être réparée et/ou réutilisée. Pensez à les donner à des associations qui se chargeront de les remettre à neuf (Réseau des ressourceries / recyclerie, Emmaüs, Envie…).
Pour plus d’info, visitez le site officiel de la campagne. Le dossier de presse de l’ADEME est aussi très complet.
15:25 Publié dans Déchets, Education citoyenne, Emballage, Entreprises, Initiatives, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
vendredi, 21 octobre 2005
"La Répoubelle", un journal de quartier pour l’environnement
Habitant de Schiltigheim, dans le Bas-Rhin, Pierre Souchar en a eu assez de lire les journaux municipaux peu motivés par les problématiques environnementales tout en constatant une mise en place du tri sélectif dans la plus grande indifférence de ses voisins.
Loin de rester témoin passif, il eut alors l’idée de créer un journal pouvant servir de "lien social" entre voisins : "La Répoubelle", dont le 1er numéro est sorti en juin 2004. Pourquoi ce titre, mélange de République et de Poubelle ? Selon l’auteur, « si nous ne sommes pas contents de notre république, c'est aussi un peu à nous de nous bouger pour qu'elle ne devienne pas une poubelle, et [pas seulement] du point de vue des déchets matériels ». Le thème principal vise la problématique des déchets (tri sélectif, réduction des ordures, danger des produits toxiques…). La plupart des informations sont glanées sur le net puis approfondies, quand besoin il y a, par des spécialistes.
Grâce au concours "Coup de chapeau de Victor" organisé par le journal "les Dernières Nouvelles d'Alsace" et une entreprise d'assainissement récompensant une action pour l'environnement, Pierre Souchar a remporté un chèque de 1000 € et un petit coup de pub dans ledit journal.
10 numéros plus tard (environ 1 par mois), sans autre subvention ni publicité (le journal est gratuit), le nombre de lecteurs n’a cessé de croître : entre la diffusion du journal imprimé sur papier recyclé de porte à porte (déposé uniquement après accord du propriétaire) et une diffusion en ligne (200 personnes inscrites), La Répoubelle touche aujourd’hui plus de 500 lecteurs.
L’ambition de l’auteur? Apprendre à « mieux consommer pour moins polluer », mais aussi que «de nouvelles "Répoubelles" se créent un peu partout en France, dans le monde, dans la langue et le langage le plus proche des gens».
Habitants de quartiers, à vos plumes !
Un site internet va naître très prochainement (http://larepoubelle.free.fr), où l’on pourra télécharger les anciens numéros. Ce blog vous tiendra au courant dès que le site fonctionne. En attendant, toute personne désireuse de se procurer un numéro peut écrire à l'auteur (larepoubelle@free.fr).
14:45 Publié dans Déchets, Education citoyenne, Emballage, Initiatives, Particuliers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


























