mercredi, 01 juillet 2009

Le retour de la carotte obscène

legume tordu courbeEnfin, l'ère des concombres, carottes et autres courgettes rectilignes est officiellement révolue! La Commission Européenne vient de mettre officiellement fin à 20 ans de bêtise humaine et de gâchis.

 

Nous allons enfin pouvoir faire retravailler notre imagination face à ces légumes et fruits aux courbes naturelles, voire tordues et torsadées - ces mêmes végétaux qui, hier encore, étaient lamentablement jetés car interdits à la vente...

 

Ce sont les épluches légumes qui vont s'en donner à coeur joie.

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20:22 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, alimentation |

mardi, 19 mai 2009

Des milliers de litres de lait jeté: vive la France égoïste!

producteur laitier.jpg
Producteurs laitiers, votre désarroi est bien légitime, mais pas vos méthodes: Emmaüs, les Restos du Coeur, l'Armée du Salut, les Petits Frères des Pauvres et bien d'autres associations auraient pu profiter de ce lait bien plus que les trottoirs, à moins de se dire que certaines vies humaines valent moins qu'un trottoir?

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samedi, 04 avril 2009

Non, le label AB ne rime pas avec écologie

Puisque d'habitude, ce blog promeut des initiatives en faveur de l'environnement, je profite de cette Semaine du Développement Durable pour pousser un coup de gueule contre le label AB (Agriculture Biologique).

Le label AB est supposé certifier un "aliment composé d’au moins 95% d’ingrédients issus du mode de production biologique, mettant en œuvre des pratiques agronomiques et d’élevage respectueuses des équilibres naturels, de l’environnement et du bien-être animal". La communication faite autour de ce label ne se prive d'ailleurs pas de faire croire au consommateur qu'un achat estampillé "AB" est un geste écologique. C'est faux, archi faux. Et plutôt qu'un long discours, jugez la photo.

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lundi, 19 janvier 2009

Bientôt, des étiquettes carbone sur les produits de votre supermarché

etiquette carbone

C'est une des mesures du Grenelle de l'Environnement: lancé début 2008 par le leader britannique de la distribution Tesco, l'étiquetage carbone sur les produits alimentaires et de grandes consommations pourrait devenir obligatoire dès le 1er janvier 2011 en France.

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Cet article a été publié dans le cadre de "l'Odyssée de l'info" organisée par l'Express la semaine dernière. Pour son numéro 3001, l'hebdomadaire avait demandé à une quarantaine de blogueurs dont j'ai eu la chance de faire partie, de participer à sa fabrication en contribuant à la publication d'articles sur la version en ligne de l'Express.

mardi, 09 décembre 2008

Noël = No OGM et no gâchis

OGM alimentation.pngVous n'aimez pas les OGM dans votre nourriture? Tant mieux, parce que moi non plus. Grâce à Greenpeace, vous allez même pouvoir les éviter au maximum dans votre assiette à Noël. En effet, l'ONG vient de sortir un mini "guide de Noël sur les produits avec ou sans OGM".

Au programme des réjouissances, vous trouverez donc des informations sur les aliments: poissons, volailles, fromages, desserts, mais également sur les marques, avec des niveaux de garantie suivant les enseignes.

Télécharger directement le guide (pdf, 484 Ko).

D'autre part, on peut être croyant ou non, Noël est une fête qui marque les esprits bien au delà des cercles chrétiens. En ce sens, c'est un symbole d'échange, de solidarité et de paix... qui se fête généralement au travers de repas fastes, débordant de mets riches et variés (au regard des moyens dont on dispose). C'est vrai que cela fait du bien de se faire vraiment plaisir au moins une fois dans l'année (enfin... deux, car le Nouvel An va avec).

Mais il est une chose que l'on peut toujours faire: ne pas gâcher: préparez vos festivités en quantités raisonnables, évitez les suremballages cadeaux et les vaisselles jetables. Je vous invite à lire la petite fiche préparée par le Ministère de l'Environnement (etc) sur la prévention des déchets à Noël et une multitude d'idées de cadeaux dématérialisés, plus écolo:

Télécharger directement la fiche (pdf, 192 Ko)

Pour finir, au delà des OGM, vous pouvez aussi avoir une pensée amicale et non gustative pour les élevages de canards et d'oies gavés. Pourquoi? (Re)lisez l'article du blog "envie de foie gras pour le réveillon"...

Les rire et les sourires pendant ces fêtes (et au delà) sont, eux, à déguster sans modération.

lundi, 17 novembre 2008

Ecran plat 117 cm cherche paquet de chips pour dîner pas cher

Les résultats de l'Observatoire des Dépenses Médias et Multimédias indiquent que les ménages français dépensent 2270 euros chaque année dans les loisirs numériques et les médias (= 189 euros/mois). Au sens démographique, un ménage, c'est 2,3 personnes...

Finalement, le pouvoir d'achat n'a jamais été aussi bas, en partie parce que les Français ont fait le choix depuis 10 ans de l'électronique et un train de vie galère plutôt qu'une nourriture plus saine, des vacances plus sereines et l'accès à des services qui vous simplifient la vie.

En effet, la téléphonie (fixe et mobile) représente plus du tiers des dépenses (65 €/mois), suivie de l’audiovisuel (24% des dépenses ou 47 €/mois, incluant équipements et abonnements TV et radio). L'ensemble des abonnements (téléphone, TV...) représente la moitié des dépenses.

telephonie budget menage.png

Pourtant, les abonnements internet+fixe illimité+TV numérique coûtent une trentaine d'euros (et si vous n'êtes pas en dégroupage, il faut rajouter France Télécom soit moins de 20 €). On vit très bien avec un téléphone mobile à carte plutôt qu'un coûteux forfait (il suffit d'attendre le soir pour passer des heures au téléphone gratuitement), j'en sais quelque chose et, pour avoir échangé avec d'autres adeptes des "cartes", vous dépenserez en moyenne moins de 20€/mois. Les budgets sacrifiés sur l'autel des forfaits, ça nous fait bien rire... Des cartes, cela revient à 46 € pour un ménage. Soit au final entre 75 et 100 € maximum.

Il reste donc 89 €/mois ou 1068 €/an: cela revient à s'acheter chaque année un très gros équipement: une télé, un ordi, une chaîne hi-fi... Encore une fois, quand on investit dans un bon matériel, il peut durer 5 à 8 ans facile (au passage, un PC peut être améliorer facilement pour pas cher au cours du temps - mais pas les Mac et une télé ou chaîne hi-fi dure des années).

Pourquoi je vous raconte tout cela? Parce qu'en 10 ans (1997-2007), le budget consacré par les Français à l'achat d'un appareil multimédia (télé, téléphone mobile, lecteur DVD...) a augmenté de 54% (Capital n°183)... alors que les prix de ces équipements ont baissé (hormi les télé). Par ailleurs, une autre étude (1) en 2006 indiquait qu'en 10 ans, le budget téléphonie avait augmenté de 78%.

Donc, avant que les français se plaignent du pouvoir d'achat, avant de dire que les produits équitables ou bio coûtent chers, que les prix des fruits et légumes frais ont explosé (même si c'est vrai), qu'ils commencent par faire le tri de leurs dépenses multimédias:

  • Achetez moins, de meilleure qualité et plus performant pour que cela dure plus longtemps
  • Ne multipliez pas les gadgets inutiles
  • Réduisez vos dépenses de téléphonie mobile
  • Ne multipliez pas les abonnements dont, souvent, vous ne profitez guère par manque de temps

Je rappelle qu'en France, chaque année, environ 1,7 million de tonnes de déchets électriques/électroniques sont générées par les entreprises et les ménages.

(1) Etude d'un autre numéro de Capital: ce chiffre m'avait choquée, je le connais par coeur, mais je n'arrive pas à remettre la main sur le numéro en question pour référence.

Sources:
- "1ers résultats Observatoire des Dépenses Médias et Multimédias", Médiamétrie (15 oct. 2008)
- "Ménages selon le nombre de personnes en 1999 et 2005", INED
- "Dossier spécial multimédia", magazine Capital n°183 (déc. 2006)
- Déchets électroniques en France, site de l'Ademe

lundi, 17 décembre 2007

Du poisson labellisé

MSC

Les ressources halieutiques (produits de la pêche) sont en déclin, près de 75 % étant pleinement exploitées, surexploitées ou carrément quasiment épuisées (source: FAO). Tandis que les ONG (suite à un rapport alarmant du WWF) exigeaient un moratoire ces pêches de thon rouge en méditerranée - espèce gravement menacée d'extinction, les pêcheurs (défendus par l'ICCAT, la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique) ont refusé, craignant de perdre de nombreux emplois. Peu importe si tout ce qu'ils risquent est de réitérer la douloureuse expérience de leurs homologues canadiens: quand en 1992 les stocks de cabillaud (ou morue) des côtes de Terre Neuve s'effondrèrent complètement, 30 000 pêcheurs ont perdu leur job. Malgré de lourds efforts pour reconstituer les stocks, le cabillaud n'est pas revenu.

Pour cette raison, le WWF lance une campagne "Pour une pêche durable", incitant les consommateurs à adopter ces quelques gestes, tout en choisissant les espèces consommées avec soin:

  1. Consommez modérément les produits de la mer
  2. Variez les plaisirs
  3. Préférez les produits de la mer issus de la pêche sélective et préservatrice de l'environnement. Posez des questions concernant les méthodes de pêche à votre poissonnier. Préférez la ligne ou le casier au chalut de fond
  4. Evitez les poissons pouvant provenir de pêche illégale ou portant préjudice aux populations des régions d'où ils proviennent (le thon rouge, la crevette de pêche tropicale ou la sole tropicale en font partie)
  5. Evitez d'acheter des poissons lors de leur période de reproduction (qui peuvent être capturés plus facilement, rendant leur survie problématique)
  6. N'achetez pas d'espèces en danger imminent d'extinction (thon rouge, cabillaud ou morue, espèces de grands fonds: empereur, sabre, grenadier, siki, saumonette)


Pour vous aider, un guide (en .pdf) est téléchargeable:
www.pourunepechedurable.fr/GUIDE_POISSON.pdf

J'ajouterai à leur liste quelques espèces additionnelles à éviter*

Poissons à éviter car :

Surexploités et classés en tant qu’espèces menacées d’extinction par l’UICN (liste rouge mondiale) :
- Mérou
- Eglefin (ou Haddock) (classé par le WWF comme à consommer avec modération)
- Marlin blanc

Surexploités et classés en tant qu’espèces « vulnérables » ou « en danger » par l’UICN :
- Morue (ou Cabillaud)
- Saumon du Pacifique (indiqué comme à privilégier par le WWF... là, je ne suis pas du tout d'accord, la plupart des espèces de Saumon du Pacifique étant en danger d'extinction).

Stocks surexploités :
- Carrelet (ou plie canadienne)
- Julienne (indiqué avec modération par le WWF)
- Roussette
- Lotte (indiqué avec modération par le WWF
- Esturgeon

Données insuffisantes (donc à éviter en attendant d’en savoir plus) :
- Moustelle blanche

Exploitation détruisant des habitats (ex. Coraux) ou d’autres espèces (ex. Dauphins)
- Grenadier
- Perche
- Sprat

Poissons à privilégier en dehors de période de reproduction (= date entre parenthèse) et taille minimum pour la consommation) :
- Tacaud (mars-avril, 20 cm)
- Dorade grise (éviter en avril-mai, 20 cm)
- Clams, Coques, Moules, Huîtres communes, Pétoncles, Coquilles Saint-Jacques
- Bigorneaux (janvier-avril)
- Lieu (40 cm)
- Seiche (indiqué avec modération par le WWF)
- Limande (avril-juin, 27 cm)
- Flet (février-mai, 30 cm)
- Grondin gris ou bleu (avril-fin été, 20 cm)
- Hareng (janvier-avril, 20 cm)
- Lieu jaune (50 cm)
- Maquereau (mai-juillet, 30 cm)
- Rouget (mai-juillet, 24 cm) (WWF: avec modération)
- Truite (octobre-janvier)
- Merlan (mars-avril, 30 cm) (WWF: avec modération)

Marine Stewardship Council MSCPrivilégiez, dès que vous le voyez, le label MSC (Marine Stewardship Council). Comme le FSC (bois labellisé), le MSC atteste d'une pêche plus respectueuse de l'environnement et de la biodiversité.

Encore trop rare, il prend petit à petit son essor et c'est le seul label digne de ce nom pour la certification de produits marins.

Je sais bien que toutes ces recommandations ne sont pas faciles à respecter. Mais en faisant simplement un effort de temps à autre (ex. choix des espèces, taille du poisson, provenance, label...), vous aurez d'emblée apporté votre pierre à l'édifice. C'est déjà pas mal.

Site officiel de la campagne: www.pourunepechedurable.fr 

* En ajoutant des données de l'UICN (listes rouges mondiales) plus complètes.

Sources:
- Ressources halieutiques, FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture)
- "Coup de grâce pour le thon rouge", WWF (19 nov. 2007)

mardi, 22 mai 2007

Cette agriculture qui préfère l'alcool plutôt qu'éradiquer la faim dans le monde...

Si le tabac a de moins en moins bonne presse, je suis persuadée que nombre d'entre vous - pourtant sensibles à l'environnement - salivent encore au souvenir d'un bon petit bordeaux, bourgogne ou vieux cognac... Qui peut se vanter de n'avoir jamais bu un verre d'alcool ni fumé une cigarette (voire autre chose)? Voilà comment au moins 1.5% (sans doute plus) de la surface totale de terres agricoles dans le monde n'est pas utilisé à des fins alimentaires mais au plaisir des papilles.

Pourtant, difficile de trouver la moindre étude sur cet enjeu. Il est plus facile d'inciter les citoyens à limiter leur consommation de viande, pointant du doigt les hectares nécessaires à l'élevage et la pollution engendrée. Certes, c'est justifié (pensez aux terres cultivées consacrées uniquement à l'alimentation des animaux...). Mais cela faisait un moment que je cherchais à savoir quelle proportion de terres agricoles était condamnée à satisfaire un simple plaisir gustatif (et pulmonaire), plutôt que tâcher de limiter la faim dans le monde. 

La surface de terres arables et cultivées permanentes est estimée à 1540,6 milliards d'hectares dans le monde (sources FAO/Quid). D'après le Quid, 7,320 millions d'ha sont destinés à la culture du raisin pour le vin, 3,981 millions d'ha pour le tabac et 63 milliers pour le houblon (bière). Reste l'ensemble des spiritueux (ex. Whisky, Gin, Vodka, Rhum...) et les autres cultures non licites (marijuana, cocaïne, héroïne...) dont je n'ai pas trouvé de surfaces.

Cependant, le cabinet International Wine and Spirit Record (IWSR) a réalisé récemment une étude sur le marché mondial du vin, indiquant que la consommation mondiale de vins atteignait près de 22,8 milliards de litres en 2005 et celle des spiritueux, près de 19,6 milliards de litres.

En extrapolant le ratio surface cultivée/production en litre du vin pour fournir une (vague) approximation des surfaces cultivées consacrées aux spiritueux, on obtient environ 6 millions d'hectares pour ces derniers. Ajoutés aux cultures de tabac, de vin et de bière, on obtient donc un total de 1,15% de terres arables et cultivées "condamnées" au plaisir. Mais il faut ajouter les diverses drogues, les alcools locaux probablement non répertoriés sur le marché mondial. Je tablerais donc plus sur 1,5%... au minimum.

Certains me diront que ce n'est pas énorme... mais si vous déteniez 1% des bénéfices nets de Microsoft, vous ne diriez plus "bah, c'est rien...", du haut de vos 91 millions d'euros! 1%, à grande échelle, c'est important. De plus, l'étude du IWSR estime que jusqu’en 2010, la consommation de vin dans le monde devrait progresser de 1 % par an. Ce pourcentage de terres occupées risquent donc d'augmenter.

Enfin, cerise sur le gâteau, l'Inde est le 3ème pays producteur de tabac après la Chine et le Brésil, avec 438 milliers d'hectares destinés au tabac. Or, c'est bien connu, personne ne souffre de la faim en Inde...

Alors la prochaine fois que vous voudrez arroser un évènement, réfléchissez-y!

 

Sources:
- Agriculture - Comparaisons: Quid (citant les chiffres de la FAO)
- Statistical Yearbook 2005-2006, FAO
- Statistiques sur le vin, Quid
- Statistiques sur le tabac, Quid
- Statistiques sur la bière, Quid
- "Conjoncture internationale - La nouvelle embellie du vin", Agriculture Information (30 janvier 2007)

13:05 | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, alimentation, politique |

mardi, 20 mars 2007

Les fraises, nouvelle menace des parcs naturels?

Les allergiques à la fraise espagnole, plus enclins à défendre les produits français, vont être heureux. Le WWF vient en effet de lancer un cri d'alarme à l'égard des consommateurs et des distributeurs concernant la vente de fraises espagnoles qui sont en train de détruire des espaces naturels ibériques parmi les plus importants d'Espagne (et d'Europe). 

En effet, les zones humides du Parc National de Coto Donana dans le sud du pays s'assèchent, l'eau servant à irriguer en partie les fraises sur 5000 hectares, soit 95% de la production nationale. Pourtant, le parc est classé patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1984. Situé en Andalousie, il présente un ensemble d'écosystèmes remarquables (lagunes, marais, dunes fixes et mobiles, buissons et maquis) qui en fait un des sites de prédilection pour des oiseaux menacés. Plus de 500.000 oiseaux d'eau hivernent dans le Parc.

Mais cela ne semble avoir eu aucun effet sur les plantations de fraises... dont 40 % des surfaces seraient cultivées illégalement (plus d’une centaine d’hectares empiètent sur des espaces protégés). L'irrigation provient massivement de forages dont 50 % sont non déclarés, ce qui réduit considérablement (environ 50%) l'alimentation des zones humides alentours.

Cerise (fraise?) sur le gâteau, l'importation de toutes ces fraises génère près de 4.500 tonnes de plastique chaque année dont la majeure partie des 300.000 tonnes produites alimentent nos étals français et ceux de nos voisins allemands. De surcroît, vous aurez remarqué que ces fruits sont apparus dès le mois de janvier dans les marchés. Or, même en supposant que le climat andalou est plus doux, de sacrées quantités de pesticides ont du être nécessaires pour la production de fruit en plein hiver, histoire de pouvoir acheter des fraises de janvier à avril (voir l'article du blog "Semaine sans pesticide")...

Au final, le bilan environnemental est catastrophique: kilo de pesticides inutiles, eau pompée, parc menacée, forages illégaux et surplus de plastique pour protéger des fruits très fragile sur des distances importantes...

Bien que l'article de la BBC indique qu'un porte-parole de Carrefour Espagne affirme se fournir en fraises provenant du seul fournisseur dont les méthodes de production sont suivies et respectent les standards Européens, quelque chose me dit qu'il n'en est rien côté français (et encore me faudrait-il croire ce porte-parole...).

Moralité: attendez le mois de MAI avant d'acheter des fraises, ce n'est pas encore la saison! Goûtez plutôt à des variétés anciennes de pommes et surtout, surtout, évitez les fruits qui ont du parcourir 13.000 km pour atteindre votre assiette...

 

Sources:
- Fiche des sites inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco: Parc National de Doñana
- "Call for Spain strawberry boycott", BBC (16 mars 2007)
- "Acheter des fraises hors saisons favorise la destruction du milieu naturel espagnol", Notre-Planète.info (17 mars 2007)

22:59 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, alimentation, énergie |

vendredi, 16 mars 2007

3,3 millions de tonnes de nourriture par an à la poubelle…

L’Agence gouvernementale Britannique WRAP (Waste & Resources Action Programme – Programme d’Action Déchets & Resources) vient de publier aujourd’hui les résultats de son enquête indiquant que le Royaume Uni jette 6,7 millions de tonnes de nourriture chaque année, soit un tiers de celle achetée (et sans doute, autant en France...). La moitié (soit 3,3 millions de tonnes) est de la nourriture "consommable" (du moins, l’était). Le reste comprend les épluchures, les os et autres déchets alimentaires.

Ces 3,3 millions de tonnes (55 kg par anglais et par an) de nourriture consommable représentent plus de 25% des dépenses (sans doute a-t-on plus tendance à jeter des légumes pourris que de la viande, plus chère). Pourtant, 1/5 ème des émissions de carbone proviennent de la production, de la transformation, du transport et de la conservation des aliments. A cela s’ajoute le fait que la plupart de ces aliments partent dans les décharges et se transforment en gaz à effet de serre, alors qu'une bonne partie pourrait être compostée (voir article du blog sur le compost).

Comment éviter ce gâchis ?

  • Vérifiez régulièrement le contenu de votre frigo (maintenu à bonne température) et de vos placards (surtout avant de faire vos courses)
  • N’achetez pas en trop grosses quantités (à quoi bon acheter un produit moins cher au kilo car vendu en gros si vous n’en consommez finalement que le tiers ?)
  • Achetez des produits de qualité car, même s’ils sont plus chers comme des fruits ou des légumes, ils tiendront beaucoup plus longtemps, vous n’aurez pas de perte contrairement aux fraises bradées pourrissant en 12h… C’est d’autant plus valable pour des produits issus de l’agriculture biologique qui n’ont pas été poussés/ gonflés/ mûris artificiellement. Ainsi, vous observerez que des bonnes pêches ou des pommes se flétrissent en vieillissant mais ne moisissent pas, contrairement à la plupart des fruits que l’on trouve actuellement sur les marchés.
  • Tâchez de cuisiner à la juste quantité pour ne pas avoir de restes ou pour bénéficier d’un second repas (mais ne l’oubliez pas !).
  • Privilégiez les petites portions dans votre assiette : mieux vaut se resservir plutôt que de devoir jeter des aliments qui ne se conserveraient plus parce que vous avez bavé dessus…

Les temps ont bien changé depuis nos (grands-)parents qui ont connu des guerres… Il y a encore un demi siècle, gâcher de la nourriture était quasiment un crime. Pourquoi un tel changement d’attitude face à l’omniprésence d’SDF ou de reportages sur la famine à quelques milliers de kilomètre de chez nous ?

Et si la faim ne vous motive pas, alors pensez aux millions de litres d’essence, de kW d’électricité, de pesticides, de labeur, d’eau que les aliments ont nécessité pour parvenir jusqu’à vous… et le prix à payer – le prix que vous, contribuable, payez au gouvernement pour assainir l’eau, pour financer l’agriculture, pour construire les réseaux énergétiques nécessaires… Tout ceci a un prix qui s’additionne au coût de vos achats volatilisés à la poubelle...

La prochaine fois que vous jetterez votre semoule qui sent le vieux, votre pomme moisie ou le morceau de poulet de la semaine dernière, pensez-y… et ne recommencez plus !


Sources:
- "Homes waste 3.3m tonnes of food", BBC (16 mars 2007)
- "New WRAP Research Reveals Extent of Food Waste in the UK", WRAP (16 mars 2007)

20:00 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : environnement, déchets, alimentation, économie |

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