mardi, 15 avril 2008

400 magazines online, adieu le papier!

1854616669.png

Dimanche, j'étais dans un eurostar - l'occasion d'observer un groupe qui déballaient une douzaine de magazines. La pile de pubs, prospectus et autres plastiques inutiles (joints aux magazines et dont les médias anglais sont friants) qu'ils ont du jeter équivalaient probablement à la pile de magazines en eux-mêmes. Devant tant de gâchis, j'ai donc été réjouie de découvrir la nouvelle offre de Relay. Bien que d'habitude critique vis-à-vis des Relay-Hachette monopolisant la vente de journaux dans le métro (au détriment des petits commerçants), je salue l'arrivée de la vente de magazines en version électronique.

Mais ils vont plus loin en proposant un abonnement illimité à 400 magazines pour à peine moins de 18 euros/mois... dont 1 euro est reversé au WWF. Appelé "éco-forfait" illimité, c'est une nouvelle ère qui s'annonce, profitant du numérique et de la désertion des lecteurs tout en permettant une formidable économie de papier et d'énergie pour la distribution. Pour découvrir les titres proposés, cliquez ici.

Bien sûr, il vous est possible de sauvegarder les numéros (avec certaines protections j'imagine pour éviter les partages illégaux de fichiers) et d'imprimer. Sauf qu'au final, vous n'imprimerez que ce qui vous intéresse.

S'il ne faut pas oublier que surfer sur internet consomme beaucoup d'énergie (voir l'article du blog "Passons au greenhosting"), il n'en demeure pas moins que l'usage de sources non renouvelables est sans doute moindre que celles consommées pour imprimer des tonnes de magazines qu'il faut ensuite disséminer par camions entiers - sans compter les surplus à récupérer qui sont ensuite jetés.

Au fond, le point noir réside surtout dans le fait que socialement, le groupe Relay est en passe de rogner encore un peu plus sur le marché des petits commerces qui risquent plus que jamais de couler. Des lecteurs épisodiques comme je suis vont-ils réellement continuer à fréquenter les marchands de journaux du coin dès lors que je pourrai potasser des centaines de magazines sans coût additionnel si j'ai déjà un abonnement?

En ce qui me concerne, la réponse est oui, car j'aime trop farfouiner dans la caverne d'Ali Baba chez mon "petit marchand" dans ma rue qui laisse ses clients lire (car il sait très bien qu'on se fait toujours "avoir" en repartant avec un magazine... avis aux marchands râleurs qui ne supportent pas qu'on lise ne serait-ce que le sommaire...)! Mais j'avoue que je risque de moins me laisser tenter. En même temps, cela m'a toujours chiffonnée d'acheter un magazine pour avoir le dossier spécial de 20 pages sur les 100 qu'il totalise. Reste que de nombreux journaux que j'apprécie ne sont pas compris dans l'offre... pour l'instant. Mon petit marchand continuera donc à me voir régulièrement!

Et vous? Qu'en pensez vous?


Accéder au site de Relay:

http://relay.presse-wl.com/Publications/Zoom/ALaUne.aspx

mardi, 15 janvier 2008

Papercalculator: Un simulateur pour gérer ses consommations de papier

En tant qu'entreprise, collectivité, établissement scolaire... vous êtes amenés à consommer beaucoup de papier. Pour rappel, les entreprises françaises dépensent plus de 400 millions d’euros par an en impressions inutiles (= 1,2 million d’arbres), une tonne de papier représentant 1 à 2 tonnes de bois et nécessitant entre 5 et 15 m3 d’eau et quelques 80 kg de chlore gazeux pour blanchir le papier. Cela fait de l’industrie papetière une des plus polluantes. 

Ce blog a déjà décrit les éléments à intégrer pour entreprendre une démarche éco-responsable des entreprises pour le papier (lire l'article consacré). Mais pour vous simplifier la tâche, l'Environmental Defense Fund", fonds américain pour la défense de l'environnement vient de lancer un "calculateur de papier" ou paper calculator permettant de réaliser une analyse de cycle de vie des papiers utilisés (*).

Certes, l'outil est en anglais mais reste sans équivalent en français et un petit dico devrait permettre de l'exploiter pleinement. Grâce à lui, toutes les grandes structures amenées à consommer de larges quantités de papier vont pouvoir facilement mesurer les impacts environnementaux des différents types de papier utilisés et effectuer des comparaisons avec d'autres types disponibles.

Vous sélectionnez votre papier parmi une liste (13 choix, du papier blanchi au papier glacé), les quantités consommées par an (pensez à sélectionner l'unité "metric tons") et le taux contenu de papier recyclé. Voilà pour la base. Mais vous pouvez également fournir plus de détails (cliquez sur "edit advanced paper details"): types et sources de la pâte, technique de blanchiment, origine du papier recyclé... si toutefois ces données vous sont accessibles.

paper calculatorLes résultats s'affichent ensuite sous la forme d'un rapport téléchargeable (format excel ou pdf) où l'utilisateur peut effectuer des comparaisons avec les autres types de papier pour répondre au mieux à ses besoins tout en diminuant les impacts environnementaux.

Vous obtiendrez même le nombre d'arbres que votre consommation représente, l'énergie utilisée (en équivalent consommation de ménage par an), le CO2 émis ainsi que les quantités d'eaux usées et de déchets produits. Vous n'aurez plus d'excuse pour gâcher du papier!

Il ne reste plus qu'à trouver une âme charitable pour traduire le calculateur...   

Site officiel: www.papercalculator.org 


(*) L'analyse du cycle de vie (ACV ou LCA en anglais) est une méthode d'évaluation environnementale qui permet de quantifier les impacts d'un produit (qu'il s'agisse d'un bien, d'un service voire d'un procédé) sur l'ensemble de son cycle de vie, depuis l'extraction des matières premières qui le composent jusqu'à son élimination en fin de vie, en passant par les phases de distribution et d'utilisation (source: Ademe).

Pour aller plus loin:
Lire l'article du blog "Démarche éco-responsable des entreprises pour le papier" (mars 2006)

lundi, 07 janvier 2008

Karton Design va faire un carton dans votre salon!

Sans doute avez vous déjà croisé un fauteuil ou quelques objets confectionnés en carton. Mais en découvrant la société hongroise Karton design, j'ai été totalement bluffée par la variété, le raffinement et la qualité des objets présentés, le tout en carton brut assemblé*, matière facilement recyclable et beaucoup moins toxique que les meubles en kit ou ceux en carton peints et vernis (évaporation de solvants, colles, peinture...). Ceci n'est pas un coup de pub, mais un véritable coup de coeur: loin des traditionnels fauteuils, la société fabrique en effet des étagères (dotées de tiroirs), des bureaux, des lampes et même des horloges. Jugez par vous même:

meubles en carton

La cerise sur... le carton est que ces meubles s'avèrent très solides (les rayonnages peuvent supporter des rangées de livres sans problème). Bien sûr, la société vous dira qu'ils ont les mêmes dans leur bureau depuis des années... ce que j'aimerais bien vérifier! En attendant, un petit test dans les fauteuils prouve qu'ils peuvent facilement encaisser du poids (et les kilos superflus qui vont avec)!  

fauteuil en carton

Côté finance, là encore, surprise, les étagères ne coûtent pas plus chères que leurs homologues IKEA (c'est moins vrai pour les fauteuils, mais le travail n'est pas le même)... pour une durée de vie et une solidité certainement comparable! Reste qu'il n'y a pas de fournisseurs officiels en France et importer au cas par cas n'est pas une solution satisfaisante pour l'environnement car engendrant plus de transport.

Cependant, Karton design a cartonné (désolée...) au salon Pollutec à Paris fin novembre, très remarqué pour l'étendue de leur gamme: gageons que leurs produits devraient être rapidement accessibles en France. En attendant, je vous invite à faire un tour sur leur site: www.kartondesign.com


PS: Et si dans quelques temps, certains lecteurs parmis vous se mettent à distribuer ce produit après l'avoir découvert sur ce blog, cela me ferait très plaisir si vous m'envoyez un petit mail pour me tenir au courant!

* et non constitués de plaques de carton collées, ce qui fait appel à une autre technique de construction de meubles en bois et nécessite a fortiori plus de produits extérieurs (colle, vernis, peinture)

Autres sites de meubles en carton assemblé (pas de vernis ou peinture):
- Une maison toute en carton...
- Orika
- Return design
- Quart de Poil
- Alexis Tricoire
- Nicola Enrico Stäubli
- Pulpo
- Design boom

jeudi, 25 octobre 2007

Cherche chewing-gum à recycler

Qui n'a jamais eu de mésaventure avec un chewing-gum? Collé à votre chaussure ou sous vos fesses après un passage sur les sièges du métro... les chewing-gum sont une véritable nuisance, pas franchement recyclable et générant des coûts de nettoyage parfaitement inutiles.  Une étude réalisée dans les années 1990 par le gouvernement anglais indiquait déjà qu’il dépensait plus de 220 millions d’euros par an pour le nettoyage du chewing-gum. Ce chiffre a très certainement augmenté depuis.

Pour permettre de prolonger la vie des boules de gomme, une designer anglaise, Anna Bullus, vient de lancer un nouveau concept: la boule récupératrice de chewing-gum.

Il s'agit d'une petite poubelle ronde faite en "Gumnetic", un nouveau matériau biodégradable* développé à partir de vieux chewing-gum mélangés à de la résine 'bio'. Les passants peuvent ainsi jeter leurs gommes dans ces boules accrochée aux poteaux. Ces dernières sont ensuite recyclées pour fabriquer de nouvelles poubelles (à force, espérons que cela permette d'élaborer d'autres produits...).

Anna Bullus a également créé un "Gumnetic Chewy Pad", sorte de coussin à mémoire de forme, une façon bien plus agréable de coller ses fesses!

 

Sachez enfin qu'un nouveau chewing-gum vient d'être développé par la société Revolymer: il ne colle pas et doit se désintégrer dans l’eau après plusieurs mois. Reste à savoir quelles substances se retrouvent dans l'eau et leurs effets sur le milieu naturel... Vous reprendrez bien quelques moules goût malabar fraise?

* Je n'ai pas d'information me permettant de vérifier les réelles qualités biodégradables du produit 

Sources:
- "Un nouveau chewing-gum qui ne colle pas", Reflexiences (14 sept. 2007)
- Site officiel d'Anna Bullus: www.annabullusdesign.com

jeudi, 13 septembre 2007

Moins d'emballage = économie pour les ménages

Beaucoup de français persistent à clamer que consommer "écolo" coûte plus cher. Pourtant, faire le choix de limiter les emballages dans ses achats (donc, réduire ses déchets) est déjà un geste écolo, respectueux de l'environnement et qui s'avère particulièrement économique pour le porte-monnaie!

En effet, l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) a récemment présenté les résultats d'une étude sur les déchets produits par les ménages au regard des achats effectués dans la grande distribution. L'analyse a porté sur 150 produits de consommation courante. Cinq chariots, représentatifs de plusieurs tailles de foyers (une et quatre personnes) et d’une consommation plus ou moins éco-reponsable en matière de prévention (scénarios "minidéchets" ou "maxidéchets") ont été définis:

  • 1 chariot des produits les plus achetés ramené à la consommation d’un ménage moyen (2,3 personnes selon l’INSEE)
  • 2 chariots générant le maximum de déchets pour des foyers de 1 et 4 personnes
  • 2 chariots générant le minimum de déchets pour des foyers de 1 et 4 personnes

Une grille hiérarchique déterminait les critères retenus pour les produits "minidéchets": produit réutilisable, absence d’emballages, éco-recharge, grande contenance, recyclabilité des emballages selon les consignes de tri et enfin poids des emballages.

Les résultats sont sans appel: si la réduction des déchets est évidente, il en va de même pour les coûts des achats:

  • Pour une personne: le chariot minidéchets économise 74 euros par mois par rapport au maxidéchets et 50 kg de déchets en moins par an (chariot maxidéchets une personne = 100 kg/an)
  • Pour quatre personne: le chariot minidéchets économise 167 euros par mois par rapport au maxidéchets et 188 kg de déchets en moins par an (chariot maxidéchets 4 personnes = 391 kg/an)

Rappelons que chaque français (et non pas chaque ménage...) produit 353 kg d'ordures ménagères par an (hors encombrants - sources: Ademe)

Moralité: vous finissez TOUJOURS par PAYER l'emballage! Et rappelez-vous, les déchets générés coûtent très chers à la collectivité, donc aux contribuables... c'est à dire vous.

Sources:
- "Tableau de bord: Prévention de la production de déchets - Bilan 2006", document en .pdf, Ademe (juin 2007)
- "France: les déchets en chiffres", Ademe (juin 2007)

mardi, 28 août 2007

Des fournitures scolaires écolo pour la rentrée

La rentrée arrive, synonyme d'achats en masse de fournitures scolaires: cartable, sac-à-dos, cahier, papier, stylo... Pourquoi ne pas en profiter pour faire une rentrée scolaire plus respectueuse de l'environnement?

Quelques conseils avant d'acheter:

  • Il suffit parfois de laver un sac ou un cartable et de le customiser pour lui redonner un look tout neuf! Idem avec des classeurs ou des pochettes.
  • Privilégiez les classeurs aux cahiers: vous n'utiliserz que le papier nécessaire et éviterez ainsi d'alourdir inutilement votre sac (vous n'emmenez que le dernier cours des matières du jour dans un classeur mince et archivez le reste à la maison). Même si les restes de cahiers peuvent être utilisés en brouillon, cela évite des excédents pas toujours facile à écouler... Vos professeurs sont allergiques aux classeurs? Imposez votre vue et invitez les à me contacter, je me ferai un plaisir de les convaincre.
  • Privilégiez les stylos rechargeables plutôt que jetables (vous ferez de sacrées économies...)
  • Limitez les produits en plastique, optez plutôt pour le bois (ex. stylos)
  • Ne jetez pas les feuilles encore vierges sur une face, elles constitueront votre brouillon en prévision des longues soirées de prise de tête avec vos exo de math ou vos dissertations...
  • Optez pour des marques coûte cher sans pour autant garantir la moindre qualité additionnelle. Pas toujours facile de le faire comprendre aux enfants. Si vous n'y arrivez pas, mieux vaut stratégiquement les laisser choisir une marque pour des produits à durée de vie forcément limitée (ex. Agendas) et viser d'abord la qualité en faisant fi des marques pour les fournitures qui peuvent durer longtemps (ex. sac-à-dos, classeurs, trousses, stylos...).

Enfin, il existe maintenant de plus en plus de fournisseurs qui proposent des produits écologiques à des prix de plus en plus abordables. Voici quelques idées:

  • Pour les fournitures (stylos, classeurs, papier, cahier...): le kit écolo de Toutallantvert, les cahiers d'Un bureau sur la Terre, les stylos en papier recyclé de Maison au naturel ou ceux en plastique recyclé d'Eco-Boutique,
  • Pour les sac-à-dos, vous avez le choix entre des sacs recyclant les bannières publicitaires, les pneus, les pantalons de pompier ou des matières comme le chanvre (ne se fume pas...) et des sacs artisanaux:

La sacoche ex-pub de chez Reversible (heu... c'est pas donné tout de même...) 

 

 

 

 

 

 

Le sac-à-dos en chanvre biologique de Toutallantvert

 

 

 

 

 

 

 

 
 Le sac en coton artisanal (commerce équitable) d'Artisanat SEL (prix très raisonnable)

 

 

 

 

 

 

 

 
 Le sac Cosmica en pneu recyclé de Cyclus France (là encore, ce n'est pas donné...)

 

 

 

 

 

 

 

Et enfin, sans doute la plus originale, la sacoche en pantalon de pompier recyclé (le pantalon, pas le pompier... je sais, ha ha) de Feuerwear (ne cherchez pas, c'est allemand). Malheureusement, l'originalité à un prix (et ça fait mal).

vendredi, 13 juillet 2007

Du bambou dans un ordinateur!

Les produits électroniques (notamment, les ordinateurs et les téléphones portables) sont particulièrement néfastes pour l'écologie: bourrés d'électronique, de produits toxiques et de métaux lourds, gros générateurs de déchets, ils sont suivis de près par l'ONG Greenpeace qui incite les fabricants à une meilleure prise en compte de l'environnement (voir l'article du blog "Guide de l'électronique verte").

4978594c0c22dd3d79625979b77733d2.jpgDans cet esprit et pour limiter l'impact de ses ordinateurs, la société Asus vient de présenter EcoBook, un ordinateur portable plus écologique doté d'une coque en bambou, de matériaux plastiques intégralement recyclables et de revêtements cartonnés. Aucune peinture, spray ou galvanoplastie ne sont utilisés sur ses composants. Enfin, il semblerait qu'il soit facile de le démonter et de l'améliorer pour prolonger sa durée de vie (rappelons que la durée de vie moyenne d'un ordinateur portable est passée de 6 ans en 1997 à 2 ans en 2005...).

Bien qu'il ne s'agisse encore que d'un concept (dommage...), cela prouve néanmoins que la création d'un ordinateur aux impacts moindre sur l'environnement est aujourd'hui chose faisable. Et quand on fait un petit tour sur internet, les commentaires sont unanimes concernant son esthétisme. Messieurs mesdames d'Asus, faites preuve de courage et faites en sorte que le concept devienne réalité!

 

Sources:
- Suivi des fabricants électroniques - Greenpeace
- "Technology without costing the Earth", AsusTek Computer Inc. (27 juin 2007)
- "Asus bamboo EcoBook computer", Treehugger (13 mars 2007)

jeudi, 31 mai 2007

L'environnement selon la Camif: vive le plastique à gogo!

J'ai récemment passé un commande sur la Camif, la seule à me proposer un meuble aux dimensions voulues... Quelle ne fut pas ma surprise quand, quelques jours plus tard, je reçois un paquet plastifié contenant... un gros catalogue papier de 1,135 kg jamais demandé (pourquoi gâcher du papier quand on peut accéder à l'ensemble du catalogue en ligne???).

Déjà assez énervée de se voir ainsi imposer ce pavé (avais-je omis de décocher la case fatale cochée par défaut "désirez vous le catalogue?"), je fus outrée par l'emballage:

f4444a7709d3f58f0548329d8d840235.jpg

D'habitude, les catalogues sont envoyés emballés d'un fin film plastique de quelques grammes. Mais alors là!!!! Pas moins de DEUX sacs en plastique épais opaques (noirs à l'intérieur, blancs à l'extérieur) emballaient le catalogue. Poids total: 50 g.  

Imaginez. 100 commandes = 100 catalogues = 5 kg de plastique... J'ignore le nombre de catalogues envoyés aux clients, mais j'imagine que cela se compte en plusieurs dizaines de milliers, soit des centaines de kilos de plastique totalement inutiles puisque n'importe quel catalogue de ce genre peut être envoyé dans un simple film plastique de quelques grammes.

Cerise sur le gâteau, voilà un extrait de la politique environnementale de la Camif: "Depuis ses origines, la CAMIF intègre la dimension environnementale dans ses valeurs. (...) Elle agit avant tout au sein de ses sélections produits. (...) Elle est la seule entreprise en France à distribuer uniquement des produits économes en énergie (...). Dans ses catalogues le Label Planète permet de les repérer. (...) En interne, des mesures ont été mises en place pour la préservation de l'environnement et le recyclage".

Attention, la communication environnementale poussée à son paroxisme sans en appliquer le fondement même des principes a ses limites... Les consommateurs ne sont plus aussi dupes et quand un blog comme celui-ci se met à râler, des milliers de clients potentiels sont touchés... Et comme je compte sur mes lecteurs pour relayer le message...

Evidemment, si des groupes comme la Camif s'attachaient à s'entourer d'experts en développement durable dignes de ce nom, ces erreurs grossières n'existeraient pas. J'ignore comment la société procède mais bien souvent, les grands groupes commanditent des agences de com' n'y connaissant rien et des cabinets de management environnemental... (généralement après avoir muté un cadre en interne "Responsable Développement Durable").

Or, quand on voit les erreurs qu'ils laissent passer... entre l'image de marque de la Camif ainsi diffusée (= 2 gros sacs opaques) et le coût (50 g de plastique par catalogue au lieu de quelques grammes pèsent lourd sur la facture!!!), l'incompétence coûte cher... Voilà ce qui arrive quand on ne fait que du management environnemental pur et dur (qui repose largement sur le respect de normes: ISO, labels...) sans une solide compréhension des enjeux environnementaux, de leurs intéractions, des impacts potentiels et des coûts inhérents. Coup de gueule? Oui, parce que ce schéma se retrouve constamment et cela m'exaspère...

 

J'écris de ce pas à la Camif avec un lien vers cet article pour leur offrir un droit de réponse. Ils me trouveront peut-être un peu dure, mais cet article est avant tout une invitation à réagir... et rectifier le tir! Et s'ils veulent des conseils, je suis prête à leur en donner!

[11 juin 2007: la Camif a répondu: voir l'article du blog "la Camif et l'environnement - suite et fin?"] 

dimanche, 01 avril 2007

Tri sélectif: va falloir faire plus d'effort!

Au début de l'année, le MEDD (Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable) publiait les résultats du pourcentage de déchets triés par ménage. En constante progression, c'est l'action en faveur de l'environnement qui a connu la plus grande réussite en France. L’étude (conduite par Ifop) a indiqué que 87 % des français déclarent faire preuve de vigilance pour réduire leurs déchets en les triant.

Fort de ce résultat encourageant, le Ministère a donc décidé d'aller plus loin dans sa politique de recyclage des déchets. Après le retraitement des papiers, cartons, plastiques, aluminium, verre (généralement dans 2 bacs différents) - le reste des déchets partant dans une troisième poubelle, il est prévu à présent d'ajouter:

  • Un bac à compost pour les déchets organiques
  • Un bac réservé exclusivement aux déchets plastiques (qui ne seront plus mélangés au papier pour accroître le rendement de tri)
  • Un bac pour les déchets liés aux activités de soin (pansements, seringue, médicaments périmés ou usagés...)

A compter du 22 avril (le jour de la "Journée de la Terre"), il deviendra obligatoire pour toutes les collectivités de mettre ce plan  en application d'ici la fin de l'année 2007. Vous aurez donc dorénavant à choisir entre 6 poubelles. Mais rassurez vous! Un nouveau type de poubelle à double tiroirs permettra de superposer le bac plastique et le bac papier pour gagner de la place. Quant à la poubelle "soin", ce ne sera qu'une petite boîte plastique hermétique (type boîte jaune des hôpitaux) qui ne demande qu'un tout petit espace. Reste le bac à compost qui est le plus problématique, notamment dans les grandes villes. A priori, tout laisse à penser que celles-ci bénéficieront d'un sursis (fin 2008?).

Enfin une bonne nouvelle! Et tant pis pour ceux qui râlent (et oui, il leur faudra 1,2 seconde de plus pour réfléchir au bon bac pour jeter ses déchets... dur...).

Voir l'annonce officielle du MEDD.

[ajout du 2 avril: pour ceux qui n'auraient pas cliqué sur le lien ci-dessus, cet article est un poisson d'avril, même si j'aimerais bien que ce ne soit pas le cas!]

Sources:
- "Les déchets en France: chiffres clés", Ademe (décembre 2006)
- Communiqué du Ministère (avec les résultats de l'étude Ifop)

vendredi, 16 mars 2007

3,3 millions de tonnes de nourriture par an à la poubelle…

L’Agence gouvernementale Britannique WRAP (Waste & Resources Action Programme – Programme d’Action Déchets & Resources) vient de publier aujourd’hui les résultats de son enquête indiquant que le Royaume Uni jette 6,7 millions de tonnes de nourriture chaque année, soit un tiers de celle achetée (et sans doute, autant en France...). La moitié (soit 3,3 millions de tonnes) est de la nourriture "consommable" (du moins, l’était). Le reste comprend les épluchures, les os et autres déchets alimentaires.

Ces 3,3 millions de tonnes (55 kg par anglais et par an) de nourriture consommable représentent plus de 25% des dépenses (sans doute a-t-on plus tendance à jeter des légumes pourris que de la viande, plus chère). Pourtant, 1/5 ème des émissions de carbone proviennent de la production, de la transformation, du transport et de la conservation des aliments. A cela s’ajoute le fait que la plupart de ces aliments partent dans les décharges et se transforment en gaz à effet de serre, alors qu'une bonne partie pourrait être compostée (voir article du blog sur le compost).

Comment éviter ce gâchis ?

  • Vérifiez régulièrement le contenu de votre frigo (maintenu à bonne température) et de vos placards (surtout avant de faire vos courses)
  • N’achetez pas en trop grosses quantités (à quoi bon acheter un produit moins cher au kilo car vendu en gros si vous n’en consommez finalement que le tiers ?)
  • Achetez des produits de qualité car, même s’ils sont plus chers comme des fruits ou des légumes, ils tiendront beaucoup plus longtemps, vous n’aurez pas de perte contrairement aux fraises bradées pourrissant en 12h… C’est d’autant plus valable pour des produits issus de l’agriculture biologique qui n’ont pas été poussés/ gonflés/ mûris artificiellement. Ainsi, vous observerez que des bonnes pêches ou des pommes se flétrissent en vieillissant mais ne moisissent pas, contrairement à la plupart des fruits que l’on trouve actuellement sur les marchés.
  • Tâchez de cuisiner à la juste quantité pour ne pas avoir de restes ou pour bénéficier d’un second repas (mais ne l’oubliez pas !).
  • Privilégiez les petites portions dans votre assiette : mieux vaut se resservir plutôt que de devoir jeter des aliments qui ne se conserveraient plus parce que vous avez bavé dessus…

Les temps ont bien changé depuis nos (grands-)parents qui ont connu des guerres… Il y a encore un demi siècle, gâcher de la nourriture était quasiment un crime. Pourquoi un tel changement d’attitude face à l’omniprésence d’SDF ou de reportages sur la famine à quelques milliers de kilomètre de chez nous ?

Et si la faim ne vous motive pas, alors pensez aux millions de litres d’essence, de kW d’électricité, de pesticides, de labeur, d’eau que les aliments ont nécessité pour parvenir jusqu’à vous… et le prix à payer – le prix que vous, contribuable, payez au gouvernement pour assainir l’eau, pour financer l’agriculture, pour construire les réseaux énergétiques nécessaires… Tout ceci a un prix qui s’additionne au coût de vos achats volatilisés à la poubelle...

La prochaine fois que vous jetterez votre semoule qui sent le vieux, votre pomme moisie ou le morceau de poulet de la semaine dernière, pensez-y… et ne recommencez plus !


Sources:
- "Homes waste 3.3m tonnes of food", BBC (16 mars 2007)
- "New WRAP Research Reveals Extent of Food Waste in the UK", WRAP (16 mars 2007)

Toutes les notes